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 Folie à deux ~ PV: Cedric Law

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Hannibal Lecter
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MessageSujet: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Mer 20 Nov - 19:13

Les notes tournoyaient dans l'atmosphère habituellement silencieuse du cabinet et la musique semblait envahir l'air de la salle, cherchant à s'infiltrer au travers des murs et des fenêtres. La musique est une prisonnière cherchant à s'échapper et à partager ses cris ou paroles avec ceux qui pourront l'entendre. Le psychiatre pianotait les touches du vieux clavecin avec virtuosité, fermant les yeux par moments en laissant la musique envahir chaque méandres de son palais de la mémoire. 

Au bout de quelques minutes, il se leva et se mit en marcha vers son bureau regardant son emploi du temps. Il ne lui restait qu'un patient à recevoir en fin de soirée et le nom lui était familier : Cedric Law. C'était cet homme qui avait failli pété les plombs à l'opéra quand il l'avait vu, il était curieux de voir ce qui allait se passer. Hannibal se servit un verre de vin rosé venant de la Nouvelle-Orléans, la révolution des vins américains. Hannibal fit une petite moue après avoir bu une gorgée du liquide. Il ne resterait rien de ce vin dans les caves de son palais de la mémoire mais il pense qu'il irait goûter certains crus qu'il avait savouré à Paris dans sa jeunesse mais qui étaient maintenant hors d'atteinte. Le cabinet est plutôt grand contrairement à d'autres à Baltimore et ce qui frappe quand on entre, c'est le nombre de livres en tout genre dans les étagères.

Il se leva et ouvrit la porte en voyant qu'il était 18h, horaire fixé pour ce rendez-vous avec monsieur Law. Il ouvrit la porte du cabinet, examinant la salle d'attente et d'un petit sourire, annoncer qu'il était l'heure.

- Bonsoir, je vous en prie, entrez.
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Cedric Law
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Mer 20 Nov - 20:59

Ah ! Baltimore...une bien jolie ville, même si Hachi n'en avait que faire et préférait savourer une bonne tasse de thé vert en écoutant de la musique classique ou en jouant aux échecs.
Même si là il se retrouvait dans une salle d'attente, regardant sa montre à gousset en or - si, si, en or - avec une faux et un sablier gravé dessus, ainsi qu'un huit couché. Il soupira et fila un coup de pied dans le tibia du jeune homme près de lui.

 
-Allons, soyez raisonnable ! Vous ne pouvez pas laisser votre folie vous emporter ainsi ! Vous allez finir par tuer quelqu'un que vous aimez...
 
Le brun ne répondit rien, se contentant de lui jeter un regard noir auquel Hachi rétorqua par un regard froid, avant de retirer son long coupe-vent marron.
Une jeune femme japonaise, juste près du jeune homme occidental brun, ne broncha pas, lisant une pièce de théâtre qui lui plaisait bien; Lorenzaccio d'Alfred de Musset. Les longs cheveux de la jeune femme - vingt-six ans certainement, ou dans les environs - étaient attachés en chignon. Près d'elle, un jeune homme remontait ses lunettes, et tentait de lire par-dessus son épaule.

 
-Mikomi san, vous lirez plus tard. Il est bientôt l'heure...
 
-C'est long, dans cinq minutes !
 
Le romancier soupira. Il n'avait jamais voulu être là.
Pourquoi ? Mais pourquoi ?!
Il mit la tête dans ses mains, exténué. Il n'avait même pas dormi de la nuit et ses deux voisines, inquiètes, avait fini par veiller sur lui, comme deux parents veillant sur leur enfant jusqu'à ce qu'il s'endorme ou presque. Lentement il tentait de se rappeler de son cauchemar. Un cauchemar qui paraissait tellement réel...Etait-ce l'un de ses souvenirs qui refaisait surface ? Ou bien la manifestation de sa folie ?
Il ne saurait dire et ne sait même plus quoi penser ces derniers temps. Il avait de plus en plus mal au crâne, ses hallucinations étaient plus fréquentes, ses pulsions plus violentes. Il risquait de bientôt tuer quelqu'un; en fait c'était même sûr.
Hachi avait pris soin de prendre rendez-vous, ayant récupéré la carte du docteur Lecter auprès de Juzo. Et maintenant ils étaient tous les quatre là, attendant l'heure, pile.
Dans une minute.
 
****

 
-Mais qu'est-ce que tu comptes faire avec tout ce sang ?...dans ta baignoire...?!
 
-M'y baigner. Avec toi. Y a suffisamment de place pour nous deux !
 
-Mais tu es complètement fou ?! Il est hors de question que j'aille ded...
 
Cedric ne put finir sa phrase, lorsque l'autre homme colla son torse contre le sien et embrassa langoureusement son amant.
 
-Cedric, tu ne resteras pas éternellement jeune, avec un corps aussi bien fait, il va falloir que tu trouves un moyen de le conserver tel qu'il est.
 
-Tu crois que c'est en me baignant dans du sang que ça va marcher ?
 
-Souviens-toi d'Elizabeth Bathory. Jeune et belle jusqu'à ce qu'on la prive de sang...
 
-Ce n'est qu'une légende !
 
Pour toute réponse, son amant le maîtrisa et le traîna jusque dans la baignoire afin de l'immerger complètement dedans.
 
-Une légende ? Au ressortir, tu pourras te rincer avec de l'eau et constater que ta peau sera devenue plus fraîche et plus vivante ! Tu vas pouvoir rester beau et jeune, ton corps ne vieillira pas bien que ton esprit le sera !
 
-Peter !
 
C'était ainsi que lui était venu l'habitude de souvent s'enduire le corps de sang humain. Un de ces amants lui ayant fait découvrir ça - dérangé de même, d'ailleurs.
Bien que traumatisé au départ, il avait finalement accepté ce fait. Il devait bien l'admettre, il aimait voir le sang couler, et la sensation du sang sur sa peau le faisait frissonner de plaisir - j'ai peut-être oublié de dire qu'il était quelque peu hématophile dans la fiche de présentation...ahem...petite erreur de ma part, navrée.
 
Plus tard, allongé dans le lit moelleux, sous les draps fins aux côtés de son amant, Cedric avait cru voir une mare de sang envahir la pièce. Il s'était alors levé, tremblant, s'approchant de la grosse flaque de sang semblant effrayé, jusqu'à ce que Peter ne se réveille et ne se rende compte que quelque chose n'allait pas. Il l'avait alors pris dans ses bras, l'avait plaqué contre un mur et l'avait embrassé, pour lui faire oublier ses hallucinations. En vain. Le romancier qui se prostituait auprès de lui pour pouvoir se payer de quoi satisfaire sa faim et le reste de ses besoins, l'avait repoussé terrorisé, en proie à la folie. Alors son amant l'avait assommé et ramené sous les draps, veillant sur lui toute la nuit, pour qu'au petit matin, il ne se réveille pas seul.
Puis son souvenir s'était mué en cauchemar.
 
Une pièce, vide, aux murs blancs où des tâches de sang ne cessaient d'apparaître et de disparaître. Des flaques de sang sur le sol et au plafond, dégoulinant, remplissant peu à peu la pièce de sang. Un seul homme au milieu.
Son souvenir, de son premier bain de sang, dont il rêvait, venait de se transformer subitement en mauvais rêve.
La marée de sang augmentait, atteignant désormais ses hanches. Il finit par sombrer et s'y noyer complètement.
 
Cedric venait de se réveiller, en sueurs. Il était à peine vingt heures. Anna venait de défoncer la porte de l'appartement avec l'aide de son amie Juno, et les deux voisines de palier semblaient inquiètes. Elles avaient ramené leur voisin chez elles, pour prendre soin de lui. En effet, il s'était fortement cogné la tête contre le plancher, lui causant un bleu conséquent sur le front, et des plaies dans son dos s'étaient rouvertes elles ne savaient comment, tâchant le t-shirt blanc de rouge avec lequel Cedric dormait ce soir-là.
Tout le reste de la nuit elles avaient tenues, à tour de rôle, veillant sur le romancier qu'elles aimaient bien; un aussi aimable voisin et ami, du moins le considéraient-elles ainsi depuis peu.
 
****

 
Enfin, la porte du cabinet s'ouvrit et trois têtes convergèrent vers le docteur Lecter; Cedric ayant toujours la tête dans ses mains.

 
- Bonsoir, je vous en prie, entrez.
 
Dans un automatisme soudain, les trois Akumu se levèrent pour saluer le docteur Lecter d'un salut traditionnel, puis Hachi claqua des doigts à l'intention de Cedric qui sortit de sa rêverie et se levant maladroitement, alla directement saluer le psychiatre.
Le romancier semblait pâle et avait des cernes sous les yeux. Ses mains tremblaient, comme s'il était en manque de quelque chose; à première vu on pourrait dire d'alcool ou de drogue, car il semblait être dépendant de quelque chose de ce genre là. Or les Akumu savaient bien de quoi il était en manque, son corps avait besoin de sang.
En chemin, pourtant court, Cedric faillit trébucher sous le coup de la fatigue, mais fut rattrapé à temps par la jeune femme asiatique.

 
-D'ordinaire, ce sont les hommes qui rattrapent les femmes, non pas l'inverse, dit-elle d'un fort accent japonais, et d'un ton sans émotions.
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Hannibal Lecter
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Ven 22 Nov - 10:34

L'homme semblait très pâle et mal à l'aise dans cette situation. On pourrait croire à un sevrage difficile mais de quoi manquait-il ? Ce n'était sûrement pas du tabac vu cet état mais quelque-chose qui avait les effets d'un manque ardent et qui a gangrené tout le corps jusqu'aux tréfonds de l'âme. Hannibal invita le groupe à le suivre à l'intérieur, il jeta un regard interrogateur au type en costume qui portait des lunettes.

- Vous comptez assister à la séance ? Vous savez ce que c'est le secret médical, n'est-ce pas ?

Le Dr Lecter invita Cedric à choisir entre le fauteuil et le divan dans la pièce. Hannibal comptait venir s'asseoir juste en face quand la séance commencerait véritablement mais il ne le fit pas encore. Il se rendait compte que la salle dégageait une atmosphère de sang avec ses murs d'un rouge très sombre. L'ambiance de la pièce était sombre et reflétait l'âme sombre du psychiatre mais aussi son goût pour les arts avec sa collection de livres, de tableaux dont certains japonais représentant entre-autres des Geishas en train de jouer du Shamisen. Une statuette de cerf en train de se cambrer noire reposait sur une étagère comme agitant ses bois dans un dernier râle de douleur.

 

Hannibal referma un classeur où il avait rangé ses notes sur les récents entretiens avec ses autres patients. Il prendrait quelques notes sur Law mais pas pendant l'entretien, il faisait suffisamment confiance à sa mémoire pour être sûr de se souvenir du plus important après la séance. Il ne sous-estimait plus sa mémoire depuis bien longtemps, depuis les cours de Mr Jakov. Il se souvient avoir traversé ce champs de neige il y a longtemps où les pages dispersées du Traité de Christiaan Huyghens se sont collées aux éclaboussures de cervelle et de sang, la cervelle et le sang de Mr Jakov agglomérés à la neige...

Hannibal s'assit sur le fauteuil dans la partie centrale de la salle et jeta un coup d'oeil à Cedric, se demandant s'il serait prêt à lui répondre. Il le regarda droit dans les yeux en tentant de ne pas avoir l'air aussi froid qu'il pouvait l'être.



- Vous pourriez me dire que c'est de la psychiatrie de bas-étage, un fruit facile à attraper mais chez vous, il me donne pourtant l'impression d'être hors d'atteinte. Avez-vous de la famille ici à Baltimore si ce ne sont les aimables personnes qui vous ont accompagné jusqu'ici ?
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Cedric Law
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Ven 22 Nov - 18:56

- Vous comptez assister à la séance ? Vous savez ce que c'est le secret médical, n'est-ce pas ?
 
Bien sûr qu'il savait ce qu'était le secret médical. Sauf qu'il y avait un léger petit problème chez les Akumu; entre eux, quasiment rien n'était secret. Ils étaient les membres d'une même famille et s'entendaient plus ou moins bien à merveille. Une famille, non pas de sang, mais de coeur, qui était liée par les malheurs de leur passé mais qui avaient eu droit un jour, à une aide, une main tendue, une seconde chance. Un miracle dans leur triste et misérable vie qui avait un nom, un seul.
Kagi.
Et cela avait été également le cas pour Cedric, bien qu'il n'en était pas un membre à part entière, du moins il ne l'avait pas voulu. Il n'avait pas de sosei, ce symbole qui signifiait son attachement à cette seule famille.
 
Hachi acquiesça et seul Cedric s'aventura dans le cabinet du docteur Lecter. Instinctivement, il regarda une dernière fois le regard sans émotion de Jade qu'il savait moins froide qu'elle en avait l'air; il lui manquait juste un peu d'humanité. Puis son regard se posa sur le jeune Mikomi qui lui fit un jovial coucou d'encouragement; gamin va !
Cedric finit par rentrer dans la pièce et choisit le divan sur lequel il s'assit quelque peu timidement, ne se sentant pas spécialement à l'aise. Ah ! Non pas le fait qu'il était en face d'un homme qui cachait bien son jeu - de toute façon il ne le sait pas, malgré ce qu'il avait entraperçu à l'opéra, son inconscient le gardait en tête, tandis que sa conscience n'en avait gardé qu'un très vague souvenir - mais seulement le fait que...
Du rouge.
Du rouge semblant être du sang. Oui, pour lui, dans sa tête, le rouge c'était du sang.
Les murs dégoulinaient de sang.
Son obsession pour le sang ne cessait de s'accroître, une envie de plus en plus pressante. Il avait soif de sang.
Cedric ne dit rien sur les tableaux ou les livres, bien qu'en temps normal il en aurait fait la remarque et aurait complimenté le psychiatre sur le choix d'avoir quelques œuvres nippones; il savait que s'il retournait un jour à Kyoto, il serait toujours le bienvenu chez les Akumu et il ne le dira jamais, mais il avait apprécié les Akumu, malgré leurs bizarreries et leurs étranges manières.
Mais là, notre autre cher protagoniste était juste obsédé pour une soif de sang. Hématophile je vous disais ? Allez jusqu'à l'extrême et ajoutez à votre liste de son étrange cas, l'hématodipsie. Une forme très avancée de l'hématophile, la forme la plus extrême il me semble. Car c'est après tout le fait de devoir voir, sentir, toucher, boire du sang. Humain. On est pas dans la mouise...
 
Le romancier fixait les murs. Enfin...dans sa tête, les pans de murs rouges étaient des cascades de sang. Des cascades derrière lesquelles il lui semblait entendre des cris et des lamentations. Des cris et des lamentations d'enfant. Celui d'un enfant...d'un petit garçon.
Mais il ne se souvenait pas avoir tuer de petit garçon, ni même d'enfant en fait...
Alors pourquoi ces cascades vermeils et ces plaintes horribles d'un petit garçon qui hurlait ?...qu'entendait-il de même avec tout ces cris ?
Des coups. Des coups violents sur la peau de l'enfant.
Et là il finit par se rendre compte que c'était lui. C'était lui quand il était môme, enfant battu par son père, brute alcoolique, jaloux de son fils qui recevait plus d'amour de sa mère.
Il s'entendait pleurer, hurler sous les coups de poings, les gifles et les coups de fouet.
Mais il finit par revenir à la réalité. Le psychiatre a peut-être dû le voir, cet air absent et un fugace sentiment de peur dans les yeux de l'auteur.
Après tout, le docteur Lecter venait juste de s'asseoir sur le fauteuil dans la partie centrale avant de le regarder droit dans les yeux, ce qui rompit le contact visuel direct avec le pan de mur qu'il fixait, le faisant aussitôt revenir à la réalité.


- Vous pourriez me dire que c'est de la psychiatrie de bas-étage, un fruit facile à attraper mais chez vous, il me donne pourtant l'impression d'être hors d'atteinte. Avez-vous de la famille ici à Baltimore si ce ne sont les aimables personnes qui vous ont accompagné jusqu'ici ?
 
Hors d'atteinte ? Logique. Avec ce qu'il avait vécu, il préfère demeurer solitaire, planqué chez lui et sortant que lorsque les voix le permettaient, le jour où il savait que rien ne pourrait lui arriver ou arriver à quelqu'un d'autre par sa faute.
Mais la nuit, il restait chez lui pour la sécurité d'autrui et de lui-même, sa folie le reprenant parfois effrayant tout le monde.
Il en avait marre d'être seul et trop peu de monde l'avait vraiment compris.
Avant d'écrire, il avait été un étudiant qui se savant découvert à propos du meurtre de son père, s'est enfui au Japon et a voulu se faire oublier. Mais il était désargenté à ce moment et il avait été répugné par le vol, il s'était décidé à vendre son corps en échange de quoi se payer un endroit où dormir et de quoi manger, même mal. Et il en avait subi des violences et des abus, quelques fois ça lui avait fait plus mal que lorsque c'était son père qui le battait, mais la douleur n'était plus aux mêmes endroits; et le plaisir s'y mêlait - enfin on rentrera pas dans les détails. Et il y avait ces choses qu'il avait vu au sein de la famille Akumu, des choses qu'il n'oublierait pas. Tous ces évènements vécus, de quoi traumatiser quelqu'un à vie. Surtout depuis sa rencontre avec cet amant possessif mais dont il avait été épris à un moment.
 
Ce qu'il voulait au fond, c'était une famille, mais il avait refusé de porter le sosei et de faire partie intégrante de cette famille. Pourquoi ?!...

 
****
 
Cedric était assis au centre de la pièce, torse nu. La première chose que la jeune femme en voyant ses multiples zébrures et autres cicatrices dans le dos, le bas du cou et les bras du jeune homme, fut d'en être choquée, ce qu'elle ne cacha pas.
 
-Je pensais que tu étais habituée à voir des cicatrices pareilles.
 
-Je ne pensais pas que tu avais été aussi blessé par ton paternel, je n'imaginais pas l'ampleur des dégâts.
 
-Maintenant que tu les as vues, qu'en dis-tu ?
 
-Que je ne vais pas pouvoir te tatouer le sosei dans ton dos.
 
Cedric eut un faible sourire. Jade s'approcha de lui, plantant son regard devenu subitement attirant et semblant être attiré par les yeux noisette du britannique.
 
-Tu souffres depuis tellement longtemps...
 
-Je souhaite juste une famille, je veux juste que quelqu'un m'aime, n'importe qui ! dit-il d'un air las et désespéré, attrapant au passage le bras gauche de la jeune femme qui ne recula pas.
 
Cette dernière rapprocha alors ses lèvres des siennes sans pour autant l'embrasser.

 
-Où pourrais-je tatouer le symbole de la famille sur ton corps, pour que tu puisses enfin avoir une famille ?
 
-Je ne veux pas être de la famille, je veux juste être à toi !
 
Cedric avait embrassé la jeune femme, mais avant d'aller plus loin, elle s'était retirée de la pièce, le laissant en plan. Mais il avait cru voir dans son regard une étincelle de satisfaction, et elle n'avait pas refusé son baiser.
Finalement il savait pourquoi son amant convoitait cette femme, mais il ne lui dira jamais ce qu'il avait fait; qui sait ce que Peter pourrait bien lui faire pour le punir d'avoir touché à sa belle sans sa permission ?
Il se contenta de se rhabiller et de partir. Non, il ne se ferait pas tatouer le sosei de la famille Akumu quelque part sur le corps, il devait déjà se débarrasser de ce tatouage infamant qui le liait à une maison close des environs, à laquelle les Akumu l'avait arraché. Il ne parvenait pas à faire partir la marque, et il refusait d'appartenir à quoi que ce soit. Il avait déjà été acheté par Peter, il était son propriétaire. Jamais il n'appartiendrait à quelqu'un d'autre, alors qu'il aurait préféré être à la jeune femme; mais il n'avait pas le choix.
Un jour peut-être serait-il libre de ses choix. Il devait quitter le pays.
 
****
 
-Non, je n'ai aucune famille, ce ne sont que...des...amis...
 
Il eut du mal à prononcer le mot ami, comme si ce mot était quelque chose qui lui était inconnu, un mot d'une langue étrangère et imprononçable qu'il prononçait correctement avec peine et timidité. Ou gêne. Ou il n'y croyait pas vraiment.
 
-Je n'ai personne. Je n'ai jamais eu personne.
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Hannibal Lecter
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Sam 23 Nov - 13:34

Personne ? Vraiment ? Hannibal commençait à entrevoir quelque-chose chez cet homme. Comme quelque-chose de familier au Dr Lecter, une sensation de déjà vu inondait son esprit. De l'eau pénétrait par en dessous des portes de son palais de la mémoire, il devrait former une barrière plus étanche face à Cedric Law. Hannibal n'avait plus de famille et n'avait pas d'amis non plus, ils étaient plus ou moins dans le même cas mais il avait des souvenirs de sa tante et du temps passé avec elle à Paris...

Il commençait à faire ses études à la faculté de médecine et avait appris le japonais par Chiyoh pour que Dame Murasaki puisse continuer à avoir un interlocuteur connaissant sa langue natale pendant leurs échanges. Chiyoh était parti se marier au Japon avec son promis donc elle quittait la France et laissait Murasaki Shikibu avec Hannibal. Hannibal repensa souvent au fait que sa tante ressentait souvent une certaine nostalgie de son pays et des raisons pour lesquelles elle l'avait quitté. Elle se souvenait avec tristesse des nuits bercée par le chant des Suzumushis. L'oncle d'Hannibal n'était pas parvenu à en importer vivants pour sa femme mais Hannibal en trouva un dans un marché noir de Paris et l'installa sur un bouquet dans leur appartement parisien. Quand elle était revenue à l'appartement, elle aurait cru que le chant était un rêve mais l'insecte, ce grillon japonais, était bel est bien la. Hannibal avait toujours ressenti comme quelque-chose de vibrant en se souvenant de ce chant, chants du passé qu'on oublie jamais en réalité.

- Les gens qui vous ont accompagné tiennent à vous. Pourquoi vous auraient-il emmené ici sinon ? Vous semblez certes ne plus avoir de famille mais vous avez des amis.

Il eut un mince sourire en disant ça, repensant au fait que Cedric Law semblait être plus chanceux que lui sur ce point vu qu'on se souciait de lui. Hannibal devait bien se débrouiller seul et il avait fini par trouver la voie sur laquelle il était à l'aise. Il ressentait quelque-chose comme une certaine identification à Cedric sur ce point mais gardait néanmoins une certaine distance. Pourrait-il l'utiliser comme il avait utilisé Garret Jacob Hobbs et d'autres ? Ce n'était pas certain mais il était intéressé par la personnalité instable de cet homme.

- Si cela vous met mal à l'aise, nous pouvons changer de sujet et parler de ce que vous souhaitez vu que cette heure vous appartient.

Hannibal gardait ce ton monocorde mais non insensible car on y sentait une certaine sympathie dans l'intonation. Le travail d'Hannibal Lecter s'assimilait assez régulièrement à celui d'un charmeur qui devait attirer sa proie dans la direction où il voulait la diriger. Peut-être qu'Hannibal pourrait utiliser Cedric Law pour s'inventer un nouveau modus operandi s'il se fait remarquer. Hannibal avait déjà imité le mode opératoire de plusieurs tueurs connus pour ne pas être remarqué et peut-être que Cedric Law serait une perle d'inspiration. Seul le temps le lui dira...
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Sam 23 Nov - 16:29

- Les gens qui vous ont accompagné tiennent à vous. Pourquoi vous auraient-il emmené ici sinon ? Vous semblez certes ne plus avoir de famille mais vous avez des amis.

Des...amis...
 
Les camarades de classe n'avaient jamais voulu de lui, sa mère était morte depuis plusieurs années déjà et son père l'insultait et le battait tout le temps.
En fait il doutait fortement de ce que lui avait dit Kagi avec ce qu'il avait vu la dernière fois. Cet homme était complètement fou, atrocement fou, une des raisons pour lesquelles il avait refusé le sosei. Un fou qu'il aurait pu tuer mais avait renoncé.
Il avait beau être fou, il avait une capacité à deviner les choses très...impressionnante. Un fou dangereux qui parvenait à anticiper les choses...ou bien les intentions des gens se lisaient trop facilement sur le visage des personnes ?
 
(Kagi: Fou, fou, fou, je suis complètement fou !
Cedric: Mais qu'est-ce qu'il fout dans ce sujet ?!)
 
Euh...vous autres derrière votre écran, merci de faire comme si vous n'aviez rien vu ni entendu, compris ?...va vraiment falloir que je trouve une solution pour ce cinglé...
 
Bref...

 
- Si cela vous met mal à l'aise, nous pouvons changer de sujet et parler de ce que vous souhaitez vu que cette heure vous appartient.

Mettons les choses au point.
Cedric est un romancier qui passe son temps à se terrer pour éviter de faire du mal aux gens. Il prétend n'aimer personne mais c'est faux; il veut juste éviter de s'attacher à qui que ce soit pour leur éviter une mort atroce.
Cependant, il restait un meurtrier. Il avait commencé par son père, puis il avait continué.
Et surtout, jamais il ne se confierait à quelqu'un. Il ne savait pas quoi dire. C'était Hachi qui avait pris le rendez-vous et l'avait arraché à son fauteuil par les cheveux, l'avait obligé à s'habiller en vitesse et à aller jusqu'ici - oui, ce type est violent contrairement à ce que l'on pense.
Que pourrait bien lui dire Cedric ?
 
Retour à la salle d'attente.
 
Hachi regarda l'heure sur sa montre à gousset.

 
-Je m'ennuie. J'aimerais pouvoir faire quelque chose de plus...utile.
 
-Et moi j'aimerais pouvoir relire cette pièce de théâtre mais je ne peux pas. Nous sommes deux à nous ennuyer Hachi san.
 
Mikomi referma le livre et le tendit vers Jade qui refusa poliment, lui intimant de continuer sa lecture sans se soucier de ce qu'elle avait pu dire.
 
-Qu'en pensez-vous Jade sama ?
 
-Un psychiatre ? Il ne dira rien sur sa vraie nature. Il refusera. Seuls ses actes parleront pour lui.
 
-Je ne parlais pas de notre ami mais du ledit psychiatre.
 
-J'ai vu beaucoup de personnes étranges en ce bas-monde, j'en ai vu des gens qui cachent leur jeu et je sais reconnaître quelqu'un qui nous est semblable quand j'en vois un, même pour la première fois.
 
-...est-ce que Cedric risque quelque chose ?
 
-Pas dans l'immédiat, je ne crois pas non.
 
-Au pire nous sommes quatre.
 
-Cinq, ajouta Mikomi en montrant sa tête de son index gauche, puis en sortant une montre à gousset qui semblait vieille et usée dans laquelle était gravée quelque chose d'illisible apparemment, avant de l'ouvrir distraitement et regarda furtivement l'heure.
 
-Tu sais bien qu'elle n'indique plus l'heure ?
 
-Je sais exactement ce qu'elle indique maintenant, répondit-il en souriant faiblement après l'avoir rangée. Dans deux heures, nous serons partis d'ici, je m'enfermerai et personne n'aura rien à craindre.
 
No spoilers...laissez l'intrigue s'installer s'il vous plaît, si je spoile maintenant ça va pas le faire, et tout ce suspense pour rien...ahem...
 
Retour dans le cabinet, au même moment.

 
-De quoi pourrais-je parler ? C'est Hachi qui m'a amené ici, moi je ne voulais pas venir.
 
Il eut comme une sorte de frisson désagréable dans le dos, comme une main glacée sur votre peau.
La main glacée d'un cadavre qui vous touche les chairs et vous transperce la poitrine pour en sortir votre coeur. Un coeur battant juste sous vos yeux écarquillés de surprise et de douleur, un coeur devenu noir dont le sang qui s'écoulait n'était pas vermeil mais couleur encre.

 
-Non...ce n'était pas encore l'heure...
 
Pour toute réponse, la main cadavérique pressa le coeur et Cedric eut un soubresaut dans lequel il se mit à tousser son propre sang. Sa respiration était plus que difficile.
Il recommençait l'une de ses crises. Des larmes de sang coulaient sur ses joues.
 
Extérieurement, une personne saine verrait simplement un homme ayant des difficultés à respirer, un homme avec des soubresauts, un homme qui toussait et crachait du sang, et versait des larmes de douleur intense; une douleur à la fois physique et morale.
 
Et il le romancier tomba dans les pommes.
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Dim 24 Nov - 13:43

Une atmosphère pesante avait peu à peu gagné la pièce, Cedric faisait une crise et l psychiatre l'avait remarqué mais contrairement à un autre, il ne s'affola pas. Il demeura assis observant ce qui arrivait à son patient, imperturbable. A un moment, la douleur sembla atteindre un stade tellement insurmontable que l'homme perdit connaissance juste devant lui. 
Le psychiatre se leva lentement puis se pencha au dessus de lui en posant la main sur le front de Cedric. Il s'agissait de vérifier sa chaleur corporelle, il se releva et se dirigea vers la porte ouvrant sur la salle d'attente. Il l'ouvrit doucement et se tourna vers les amis de Cedric Law, enfin c'est ce que pense Hannibal.

- Je vais avoir besoin de votre aide. Il a fait une crise et vient de perdre connaissance.

Il laissa la porte ouverte en signe qu'ils pouvaient entrer puis retourna vers une étagère dont il sortit un petit flacon. Il se dirigea vers Cedric en plaçant le flacon juste sous son nez. Il sentirait une odeur forte d'éthanol qui le tirerait sûrement de son inconscience s'il n'était pas parti trop loin.

- Cedric ? Êtes-vous avec nous ?

Hannibal se releva laissant la relève à ceux qui l'avaient accompagnés jusqu'ici. Il se pencha au dessus de la table de travail ou son carnet de dessin était laissé entrouvert, il remarqua le dessin du jeune homme qu'il avait éventré représenté dans l'état où il l'avait laissé. La précision et le réalisme du dessin était saisissant et Hannibal le glissa derrière le croquis de son ancien appartement à Paris. Il remarqua le crayon à papier et le scalpel côte à côte sur la table, le scalpel est le meilleur des taille-crayon et peut également servir en cas d'extrême urgence tout comme le katana et le tanto reposant dans un coffre laqué de couleur noire dans sa maison. Hannibal Lecter n'oubliait pas ses racines et savait que tout ça le déterminait aujourd'hui, tout autant que le passé de Cedric le déterminait aussi.

Hannibal se retourna vers eux en espérant que personne n'avait remarqué cet indice sur son bureau. S'ils savaient que le psychiatre était un redoutable tueur en série, peut-être éloigneraient-ils Cedric de cet endroit mais Hannibal n'avait pas encore satisfait sa curiosité à son sujet. C'était loin d'être terminé...
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Dim 24 Nov - 17:40

Cedric était appuyé contre un mur et avait du mal à respirer. Il avait couru comme un dératé pour leur échapper. Sa main gauche pressait la plaie sur flanc gauche, une blessure sanguinolente qui ne le tuerait pas mais lui faisait mal.
 
-C'est la première fois que je te vois en kimono, ça te va bien.
 
Il releva la tête, apercevant la silhouette svelte et les cheveux d'argent de ce fou à lier. Instinctivement il recula.
 
-Allons, de quoi as-tu peur ? Je suis ton ami.
 
Le Faucheur Gris avait un gros avantage sur lui et il le savait, il était perdu. Le Roi d'Argent le plaqua contre le mur. Cedric cria quand il sentit l'index du yakuza entrer dans la plaie, l'ouvrant doucement avec son ongle, faisant couler du sang.
 
-Pitié !
 
-Qu'as-tu vu Cedric ? Qu'as-tu vu, meinu no musuko ?
 
-Ce que vous leur faites...c'est ainsi que vous les sélectionnez ?...
 
-Quoique tu fasses, où que tu ailles, tu restes à moi et à lui...jigoro.
 
Le yakuza aux cheveux d'argent laissa Cedric s'effondrer de douleur sur le sol.
 
-Tu es lamentable. Malgré le fait que Wanryoku t'ai enseigné quelques trucs de base, tu restes pathétique et lamentable. Sweetie-chan n'a pas pu me le cacher longtemps pour le sosei; dommage, un jour je vais devoir te tuer de mes propres mains...
 
L'ancien prostitué hurla de nouveau lorsqu'il sentit la plaie s'ouvrir encore plus, quand la lame d'un couteau lui ouvrit les chairs, tâchant de sang le kimono offert par la fille du patron. Kagi sortit finalement la lame et lécha le sang dessus avant de s'éloigner, laissant Cedric seul.
 
****
 
- Je vais avoir besoin de votre aide. Il a fait une crise et vient de perdre connaissance.
 
Hachi ne s'était pas pressé pour entrer dans la pièce, se contentant de se lever et de marcher très calmement vers Cedric, remontant deux ou trois fois ses lunettes au passage.
 
-Vraiment...
 
Mikomi savait que de toute façon, on risquait de ne pas avoir besoin de son aide. Il devenait de plus en plus inutile au fur et à mesure du temps qui passait, chaque fois qu'il devait s'absenter pendant quelques temps. Il en profita pour jeter de rapides coups d'œil dans la pièce. Un carnet de dessin semblait entrouvert sur un croquis auquel Mikomi ne prêta pas attention car il savait que son imagination lui jouait des tours parfois; non, ce n'était pas un bout de corps éventré qu'il avait vu dessiné, loin de là ! Ce ne pouvait pas être ça.
 
Alors qu'est-ce que ça peut être selon toi, sale petit morveux ?!
 
Mon imagination, rien que mon imagination. Et toi.

 
Il haussa un sourcil inquisiteur à la vue d'un scalpel avant de poser les yeux sur Cedric, au sol.
Jade s'était approchée sans faire quoique ce soit. Elle savait déjà qu'elle ne pourrait pas faire grand chose. La forte odeur de l'éthanol ne pourrait rien y faire, Cedric n'était plus là.


- Cedric ? Êtes-vous avec nous ?

-Il n'est plus vraiment là... murmura la jeune femme qui se pencha vers l'auteur, pressant ses mains dans les siennes, attendant une réponse, en vain.
 
****

 
Cedric tentait de lutter contre ce qui se passait. Il voulait se réveiller mais n'y parvenait pas. Que se passait-il donc ? Quel mauvais tour lui jouait son esprit cette fois-ci ?
Il avait juste très froid et se sentait juste très seul. Et il avait mal.
Pourquoi ?
Son coeur le faisait tellement souffrir. Sa tête, il avait l'impression qu'elle allait exploser sous les coups des souvenirs douloureux et néfastes qui lui revenaient sans cesse, hanter chacune de ses nuits.
Mais c'était surtout son coeur.
 
Tap tap tap tap.
 
Quel était ce son étrange qu'il entendait depuis toujours ?
 
Tap tap tap tap.
 
Ce son qui résonnait de plus en plus fort dans sa tête...
 
Tap tap tap tap.
 
Un rythme étrange, frappé par quelqu'un, mais sur quoi ? Tambours ?
 
Tap tap tap tap.
 
Sans cesse, ce son, et lui, dans cet endroit mystérieux. Du blanc, que du blanc. Pas de sol, pas de murs, pas de plafond. Où était-il ?
Ce son, rien que ce son, et lui au milieu de cet endroit.
 
-ASSEZ !
 
Il se tint la gorge, surpris. Sa voix, où était-elle ? Aucun son ne sortit de sa gorge, rien. Juste ce son dans sa tête...
 
Quelle était cette odeur ?...éthanol peut-être ?
Non, il n'était plus tout seul. On essayait de le réveiller. Mais il n'y arrivait pas.
 
Comment je sors de là ?!...
 
Perdu. Il était perdu. Mais où se trouvait-il bon sang ? C'était donc ça, quand on était inconscient ? Non, bien sûr que non. Un rêve, rien qu'un rêve...
Et puis cette chanson.
Il se sentit partir. Quelque chose le tirait vers la réalité.
Doucement il se réveillait...

 
****
 
-Kimi no kureta, himitsu wo shirube ni, aoi yoru no shizukesa wo yuku...(Le secret que tu m'as confessé, j'avance au milieu du calme de cette nuit bleutée...)
 
Jade s'arrêta de chanter de sa douce voix de soprano, calme et mystérieuse à la fois, lorsqu'elle sentit une pression sur ses mains; Cedric se réveillait.
 
-...Lacrimosa de Kalafina, hum ?
 
Sa voix était vraiment faible, il était faible, mais il était conscient.
 
Hachi remonta ses lunettes. Il était juste à côté d'Hannibal. L'aura froide du second de Kagi se ressentait généralement, mais il tentait d'être aimable avec tout le monde. Il se contenta de chuchoter.

 
-Vous avez là un bien étrange coupe-papier, ou alors est-ce un taille-crayon ? J'ai une préférence pour les poignards décorés avec soin car ils peuvent devenir de belles décorations que personne ne peut soupçonner; car les scalpels sont peu commun dans un cabinet comme le vôtre monsieur Lecter.
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Lun 25 Nov - 20:11

Le psychiatre s'était relevé en voyant que Cedric revenait à lui comme tiré de son inconscience par le chant de la jeune femme et non pas par le flacon d'éthanol qu'il lui avait posé sur les narines. Hannibal avait refermé le petit récipient et s'était levé tranquillement pour aller le ranger. 
Hannibal se leva et se mit à esquisser un sourire comme n'importe quel enfant qui s'était trouvé un nouveau jouet ou dans le cas du psychiatre, un nouveau pantin. Hannibal prenait un plaisir dissimulé à étudier les cas de personnes qui sont parfois enclines à la violence et cette étude lui permet de les aider à accentuer cette violence plutôt que l'atténuer. En cela, Hannibal n'aide pas vraiment ce genre de patients mais les pousse de plus en plus profondément dans un gouffre dont on sort difficilement.

-Vous avez là un bien étrange coupe-papier, ou alors est-ce un taille-crayon ? J'ai une préférence pour les poignards décorés avec soin car ils peuvent devenir de belles décorations que personne ne peut soupçonner; car les scalpels sont peu commun dans un cabinet comme le vôtre monsieur Lecter.


- La lame minutieuse du scalpel est bien souvent plus précise que celle émoussée de la majorité des taille-crayons. J'ai été chirurgien urgentiste avant d'exercer en tant que psychiatre, j'ai finalement abandonné comme j'ai tué un patient. Plutôt devrais-je dire que je n'ai pas pu le sauver mais c'est comme si je l'avais tué. 


Hannibal avait dit ça à voix basse en prenant le scalpel et le crayon. Il aiguisa le bout de graphite en passant le scalpel sur un côté comme pour démontrer son efficacité. D'un clin d'oeil, il avait analysé la situation et renoncé à enfoncer la lame dans la veine jugulaire du dénommé Hachi. 

Il releva la tête en posant le scalpel et le crayon à côté de la pochette à dessins qui était désormais fermée. Hannibal se tenait plus ou moins entre la table et Hachi et s'appuyait légèrement dessus en attendant que l'attention revienne sur Cedric et que personne ne pense à jeter un coup d'oeil dans cette pochette. 
Détourner l'attention, art des escamoteurs, c'était maintenant ce que devait faire Hannibal Lecter. Il posa son regard sur celui qui prenait petit à petit conscience en espérant qu'Hachi suivrait son regard...
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Lun 25 Nov - 21:12

- La lame minutieuse du scalpel est bien souvent plus précise que celle émoussée de la majorité des taille-crayons. J'ai été chirurgien urgentiste avant d'exercer en tant que psychiatre, j'ai finalement abandonné comme j'ai tué un patient. Plutôt devrais-je dire que je n'ai pas pu le sauver mais c'est comme si je l'avais tué. 

Hachi n'était pas le second de la famille Akumu pour rien. Et il avait vu tellement de choses...alors le psychiatre pouvait bien lui cacher ce qu'il voudra, ils étaient donc cinq meurtriers dans la pièce ? Hum...
Ledit psychiatre venait de répondre à voix basse, prenant scalpel et crayon pour démontrer l'efficacité de la lame de cette arme potentielle et dangereuse à tailler un crayon.
S'il pensait faire avaler à Hachi qu'il n'avait aucunement pensé à tuer le second des Akumu... - je vous l'ai dit non, on ne peut aisément duper un Akumu. Peut-être qu'en fait, je ne vous ai rien dit, mais quoiqu'il en soit, il restait un yakuza. Un yakuza aux origines nippones et britanniques, né à Londres d'un père anglais et d'une mère japonaise provenant de la ville de Nagasaki. Et leur fils avait maintenant trente-huit ans bien qu'il lui en apparaissait que trente voire moins, ressemblait assez à son père bien qu'il avait les traits fins de sa mère. Hachi avait le sentiment que ce psychiatre étrange cachait quelque chose - tout comme lui en fait - et avait le pressentiment qu'il découvrirait certainement quelque indice dans cette pochette à dessin sur la table. Sauf qu'Hachi était quelqu'un de poli qui ne se permettrait pas de fouiller dans les affaires d'autrui, aussi renonça t-il à cette idée; il demanderait ultérieurement aux autres s'ils avaient vu quelque chose sortant de l'ordinaire ou les mettant sur la piste que cet homme avait quelque secret dissimulé.
Si Cedric se réveillait, Hachi l'avait bien sûr entendu, ayant l'ouïe très fine. En revanche, son regard ne se posa pas sur lui, mais sur le docteur Lecter, comme si son regard analysait le psychiatre, comme si le yakuza tentait de lire ce qu'il était. L'aura extrêmement glacée du second des Akumu se faisait ressentir, il était une personne froide et taciturne d'ordinaire, ne laissant entrevoir aucune émotion ni dans ses yeux ni sur son visage. Et son ton était très souvent neutre ou froid, ne laissant transparaître aucun sentiment. Ni joie, ni colère, ni rien.
Le docteur Lecter espérait que le second des Akumu suivrait son regard ? C'était peine perdue, son attention se focalisait désormais uniquement sur cet homme. Jamais un magicien ne l'avait dupé car il avait toujours vu le truc et il était bien rare que l'on puisse détourner son attention habilement. Bast, le psychiatre trouverait bien autre chose. De préférence quelque chose qui ne soit pas violent, car il n'était dans cette pièce, pas le seul à savoir se battre. Hachi était un yakuza tout de même.
 
M'enfin bref, vous n'êtes pas là pour que je vous raconte tout sur Hachi, bien qu'il fut nécessaire. Après tout, il est un des nombreux piliers d'une intrigue que j'installe au fur et à mesure dont je ne spoilerai pas tous les détails bien sûr. Un peu de suspense que diable !

Revenons donc un peu à Cedric qui revenait peu à peu à lui.
 
La première chose que vit le jeune romancier, était le regard sans émotion de Jade et il écouta la belle voix de soprano de la jeune femme qu'il avait aimé, bien que désormais il en aimait une autre.
Putain de vie sentimentale - pardonnez ce langage grossier, ceci s'appelle du discours indirect libre.
Il avait aimé Jade comme un fou, il avait supplié cette femme de partir avec lui mais n'avait jamais voulu. La douleur avait été trop grande pour lui quand elle a quitté Kyoto pour New York. Il avait eut du mal à s'en remettre et Kagi s'en était presque réjouit de cette douleur, et Cedric avait trouvé un peu de réconfort dans les bras des deux majordomes de la famille; mais ce n'était pas de l'amour comme il en voulait, lui. Et malgré les sentiments réciproques de Jade, alias Miss Nazo dans le milieu du crime, il était tombé amoureux d'une autre personne; sa belle voisine de palier, une belle jeune femme mince, aux courbes magnifiques, brune. Anna Curian.
Sa belle Anna...
Il en était fou. Fou d'amour, comme il l'avait été pour Jade. Jade qu'il continuait d'aimer.
Et merde.
Il se gifla mentalement. Qu'allait-il faire ?
 
La jeune mercenaire - car c'est une mercenaire - était toujours penchée sur lui, mais avait cessé de chanter. Il lui sourit, faiblement, mais il lui sourit. Le visage de la femme était impassible, une statue de marbre aurait été plus expressive et moins froide au toucher. Cedric tenta avec peine de se relever, Jade le rattrapa avant qu'il ne retombe; il était maintenant debout.

 
-Que s'est-il passé ?
 
-Comme d'habitude...

-Il me semble que cela passera, nous devrions retourner dans la salle d'attente.
 
La voix d'Hachi était sèche, tranchante, et son aura était glaciale, si bien que Mikomi sembla frissonner de froid. Tandis que le regard du second des Akumu, qui se détourna enfin du docteur Lecter duquel il n'avait pas cessé de l'observer depuis, se posa finalement sur Mikomi et haussa un sourcil; le jeune homme regardait sa montre à gousset la mine inquiète.
 
-Ce n'est pas l'heure...
 
Mikomi avait un petit regard terrifié vers Hachi qu'il ne sembla pas voir car il se dirigeait vers la salle d'attente, aussitôt rejoint par le jeune homme. Jade aida Cedric à se rasseoir sur le divan avant de s'incliner poliment devant les deux hommes et de rejoindre ses acolytes.
 
Cedric commençait à avoir mal à la tête, mais rien de bien grave. Juste que...au loin, il lui semblait entendre un rythme étrange.
 
Tap tap tap tap.
Tap tap tap tap.
Tap tap tap tap.
Tap tap tap tap.
 
Machinalement, sans faire attention, il tapotait doucement ce rythme, de son index sur sa jambe, tenant fermement son coupe-vent marron dans son autre main. Son regard fixait le sol, l'air absent.
Il y a des fois, il se disait que la vie avec Peter avait été plus simple bien que plus violente. Dans la poche de son coupe-vent, il sentit contre son autre jambe, la montre à gousset en or que son amant lui avait offert une fois.
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Ven 29 Nov - 10:15

Hannibal avait nonchalamment suivi du regard les trois personnes qui retournaient dans la salle d'attente et surtout celui qui avait comme pressenti quelque-chose. Hannibal était resté souriant et se donnait toujours un air des plus polis, c'était toute sa manière de dissimuler...le monstre qu'il était. Le jeune Hannibal Lecter était mort enfant. Aujourd'hui, il ne restait que cette abomination revêtant les attraits de l'élégance et du charme pour piéger ses proies. L'inspecteur Popil fut le premier à le percer à jour en France mais aujourd'hui dans un pays comme les Etats-Unis, personne n'avait perçu ce qu'était le psychiatre.

Hannibal se rassit en face de Cedric et laissa durer un peu le silence, écoutant ce battement à quatre temps, rythme entêtant. Hannibal demeurait calme et le plus compatissant possible, donnant l'image de quelqu'un qui a pitié pour le pauvre homme en face de lui. Il perd le contrôle de son être et à travers le brouillard, c'est d'un phare dont il a besoin. Hannibal se souvint des paroles de Dame Murasaki qui résonnait dans sa tête " Que reste-il à aimer en vous Hannibal ? ". S'il avait appliqué l'analyse à lui-même, il saurait que c'est un refus d'amour qui l'a fait sombrer mais maintenant, tout ça n'avait plus d'importance. Peut-être que Cedric était comme lui, il avait peut-être subi la même chose même si les événements ne sont pas les mêmes.

- Passez-vous parfois une journée sans faire de crises semblables à celle-ci ?

Hannibal se pencha un peu avant sur son siège et regarda Cedric Law droit dans les yeux.

- Que voyez-vous lors de ces visions ? Je souhaiterais pouvoir vous aider et si cela m'est possible, je pourrais faire quelque-chose et vous aider à tuer vous-même vos propres cauchemars. Vous me faites confiance ?

La confiance serait importante pour une thérapie comme celle-la et Hannibal pourrait vraiment l'aider d'une certaine manière à canaliser ces hallucinations, certaines drogues plus ou moins légales pouvaient permettre d'inhiber la violence des hallucinations et le Dr Lecter savait que certaines expériences s'étaient véritablement avérées efficaces.
Il peut aider Cedric Law mais peut aussi le laisser couler jusqu'à le pousser dans des gouffres sans fond. Le choix était difficile mais Hannibal Lecter avait déjà sa petite idée...
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Ven 29 Nov - 19:00

Le psychiatre s'était rassit en face de Cedric, laissant durer le silence pesant qui s'installait selon l'esprit embrumé du romancier complètement perdu. Il tapait machinalement ce rythme qui parfois le hantait mais ignorait totalement d'où il venait. L'homme en face de lui était calme et semblait afficher un air compatissant, il voulait montrer l'image d'une personne qui a pitié de Cedric; mais on dirait que cela ne risquait pas de fonctionner sur le jeune auteur.
A dire vrai, personne n'a jamais vraiment eu pitié de lui.
Personne.
Ou presque.
Mais Cedric ne l'avait jamais perçu ainsi.

 
- Passez-vous parfois une journée sans faire de crises semblables à celle-ci ?

Distraitement, toujours tapotant le même rythme à quatre battements, Cedric vit le psychiatre se pencher et le regarder droit dans les yeux.
Il réfléchissait à la question, bien qu'il n'y avait pas tant que cela à réfléchir. La réponse était pourtant simple, mais il tentait de se persuader qu'il lui était une fois arrivé de ne pas subir de crises; mais il savait au fond de lui-même que ce n'était pas le cas, qu'il en faisait tout le temps.
Seul. Il devait être seul, c'était comme cela, c'était son destin. Toujours la solitude et sa folie pour seule compagne; car il avait trop peur de faire du mal à quelqu'un qu'il risquait d'aimer, et jamais il ne pourrait se le pardonner.

 
- Que voyez-vous lors de ces visions ? Je souhaiterais pouvoir vous aider et si cela m'est possible, je pourrais faire quelque-chose et vous aider à tuer vous-même vos propres cauchemars. Vous me faites confiance ?

Cedric cessa de tapoter ce rythme tellement la question lui était surprenante.
Faire...confiance...?!
Bien sûr que non ! Qui voudrait l'aider ? A qui pourrait-il vraiment faire confiance, hum ?!

 
-...Pas une seule journée ne passe sans que je fasse une crise semblable, parfois elles sont bien pires encore !...et pourquoi vous ferais-je confiance ?! Je ne peux avoir confiance en personne ! Qui me dit que vous n'êtes pas comme les autres ?! Je n'ai jamais pu faire confiance à mes propres parents; à ma mère toujours absente et à qui l'amour la rendait tellement aveugle qu'elle ne voyait jamais les problèmes d'alcool et de drogue de mon père qui me battait tout le temps, alors si je n'ai jamais pu faire confiance à des êtres en qui j'aurais dû avoir foi toute ma vie durant, pourquoi vous ferais-je confiance à vous ?
 
Cedric avait un ton calme, très calme, trop calme. Pour l'instant, il était lui-même, il était normal; mais sans nul doute lui faudrait-il beaucoup de temps pour faire confiance à qui que ce soit.
Il se méfiait même des Akumu. Et il se demandait s'il ne devrait pas se méfier de Jade désormais; après tout, elle était la fille de Kagi, il se méfiait de ce fou, de ce monstre, alors il devrait également se méfier de la jeune femme qu'il avait aimé.

En parlant de méfiance et de confiance, voilà qu'il se mettait à douter. Il ne savait pourquoi cet homme en face de lui, lui était louche, il ne saurait en exposer les raisons.
Le psychiatre était pourtant fort courtois, quelqu'un qui affichait la mine de quelqu'un de compatissant. Hum...non, il ne devait pas se fier aux apparences, après tout, il ne le connaissait pas du tout.
Et de plus, bientôt son inconscient lui susurrerait de se méfier de cet homme; mais par quels moyens...
 
****

 
Il s'était placé devant le miroir de la salle-de-bains tandis que l'eau du bain coulait, juste attendant. Il regardait avec ses yeux embués de larmes, son corps maigre et pâle, parsemé çà et là de bleus et autres hématomes. Il avait même une longue estafilade qui avait cessé de saigner, juste là, qui commençait sur l'épaule et se terminait dans le dos.
Des coups, toujours des coups. Beaucoup de gifles également et des baffes; ses joues en étaient rouges et un énorme bleu le faisait souffrir sur le côté gauche de son visage. Il était même obligé de fermer à moitié un œil à cause de cette douleur. Son bras et ses genoux lui faisaient mal, son père l'avait frappé aux jambes aussi et l'avait bousculé dans les escaliers, et l'enfant était tombé.
 
Cedric avait dix ans, et il avait très peur, peur de son père et peur de souffrir, et de mourir; alors que les enfants de son âge, ses camarades, avaient d'autres préoccupations. Ils étaient heureux, lui non. Il ne souriait que très rarement et il était exclu par ses camarades. Et même eux lui faisaient du mal, ils l'insultaient et lui crachaient dessus; c'était un jeu cruel mais amusant pour eux, Cedric n'arrêtait pas de pleurer, ils trouvaient cela divertissant de le faire pleurer. Les enfants sont parfois des êtres cruels, plus que les adultes, ou bien ne font-ils que reproduire ce qu'ils voient et entendent de leurs parents, chez eux ?!
Oh et puis, c'était normal de le frapper et de l'insulter ! Il était toujours dans cet état, pas vrai ? Même chez lui ! Et puis ses parents ne l'aiment pas, alors pourquoi ses camarades devaient l'aimer ?! C'est vrai quoi ! Sinon ses parents seraient déjà intervenus, non ? Oh, et puis il est bizarre, il pleure toujours comme une fillette, et il parle tout seul. Il parle même aux animaux en croyant qu'ils peuvent être ses amis, même les insignifiants insectes ! Il est stupide de toute façon, il parle tout seul et il dit tout le temps que les ombres le font souffrir par ce qu'elles disent mais qu'elles ont toujours raison; et il dit qu'il entend les tambours...pfft ! Il est idiot Cedric, il a pas d'amis.
En fait, Cedric, il est fou depuis qu'il est tout petit...
Mais à qui la faute ?
Certainement pas la sienne en tous cas.
 
****

 
J'ai froid. J'ai très froid. Et j'ai mal, si mal...Quelque chose ne va pas, du moins c'est mon impression...
J'ai fait tellement de mal...Je voudrais ne les avoir jamais tués...mais je n'avais pas le choix...ils m'ont tellement fait souffrir, ils m'ont manqué de respect...Et Hélène...
Je ne veux plus penser à cette...à elle...
Je n'ai fait que souffrir...et pourtant j'ai tellement aimé...Je n'avais que de l'amour à donner, alors pourquoi ?!
J'ai aimé, j'ai souffert, maintenant je hais; c'est ce qu'a écrit Edward je ne sais plus qui dans un jeu vidéo quelconque...J'ai l'impression d'être comme lui; je n'ai fait qu'aimer et que souffrir à cause de ceux que j'ai aimé...Maintenant je me mets à haïr les gens...
Je ne sais plus quoi penser...Je...je...je voudrais n'avoir jamais existé...oui. Ce serait mieux ainsi et moins douloureux.
Moins de morts également.
Je veux juste qu'on m'aime, je veux juste une famille, n'importe quoi !...juste...une...personne ! Oui...juste une...ça me suffirait...une seule...Même si c'est un homme c'est pas grave...Je ne veux pas être tout seul...non...Je ne veux plus être tout seul...
Mais j'ai peur...si peur...
Si jamais quelqu'un découvrait ce que j'ai fait...Si je suis découvert, on va m'arrêter et m'emprisonner; je ne veux pas !
Ni la prison ni l'asile, s'il vous plaît ! J'ai déjà trop souffert...Je vais finir tout seul et je refuse...
Je...Je ne veux plus jamais être seul...non, plus jamais...
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Sam 30 Nov - 11:25

-...Pas une seule journée ne passe sans que je fasse une crise semblable, parfois elles sont bien pires encore !...et pourquoi vous ferais-je confiance ?! Je ne peux avoir confiance en personne ! Qui me dit que vous n'êtes pas comme les autres ?! Je n'ai jamais pu faire confiance à mes propres parents; à ma mère toujours absente et à qui l'amour la rendait tellement aveugle qu'elle ne voyait jamais les problèmes d'alcool et de drogue de mon père qui me battait tout le temps, alors si je n'ai jamais pu faire confiance à des êtres en qui j'aurais dû avoir foi toute ma vie durant, pourquoi vous ferais-je confiance à vous ?

Hannibal comprenait cette absence de confiance, c'était plutôt normal quand on venait voir un psychiatre non pas de sa propre démarche mais poussé par d'autres personnes. 
Hannibal inspira profondément avant de retourner son regard amical mais néanmoins autoritaire vers Cedric. Il fallait bien changer la méthode s'ils ne pouvaient pas se faire confiance. Ils ne pouvaient pas continuer une séance si le rapport de confiance restait proche de 0.

- Je vais vous proposer une idée. On peut arrêter la séance vu que je n'en vois pas vraiment l'utilité mais je vous invite à me recontacter pour que je vous organise un dîner. Vous pourrez, bien entendu, emmener quelques-uns de vos amis et nous pourrons sûrement parler de manière moins pénible de tout et de rien, de la pluie et du beau temps. Qu'en dites-vous ?

Hannibal s'était levé et avait noté son numéro de téléphone fixe sur un papier à l'intention de Cedric.

- Vous avez mon téléphone de bureau grâce à ma carte mais vous pourrez m'appeler pour organiser cela plus facilement. N'oubliez pas, les horaires de bureau sont pour mes patients mais ma cuisine est toujours ouverte aux amis.

Il avait terminé d'un sourire puis à pas légers, s'était dirigé vers la porte de la salle d'attente montrant d'un signe de tête que la séance était terminée et que Cedric n'allait pas tarder à les rejoindre. Le psychiatre se tint tranquille face à Cedric en attendant de voir s'il accepterait son invitation ou non.
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MessageSujet: Re: Folie à deux ~ PV: Cedric Law   Sam 30 Nov - 19:36

- Je vais vous proposer une idée. On peut arrêter la séance vu que je n'en vois pas vraiment l'utilité mais je vous invite à me recontacter pour que je vous organise un dîner. Vous pourrez, bien entendu, emmener quelques-uns de vos amis et nous pourrons sûrement parler de manière moins pénible de tout et de rien, de la pluie et du beau temps. Qu'en dites-vous ?

L'idée était plutôt bonne et ne déplaisait pas trop à Cedric, bien qu'il n'en voyait pas trop l'utilité; oui ce mec est chiant.
(Cedric: Eh ! T'es la narratrice, t'es pas censée me descendre !)
Je fais ce que je veux, c'est moi qui raconte, donc shut up !
 
Bref...
 
Le psychiatre avait donc noté son numéro de téléphone fixe sur un bout de papier, que Cedric allait prendre par politesse. Par contre il ignorait s'il allait vraiment rappeler ou non. Pas qu'il trouve l'idée mauvaise, juste qu'il ne savait pas si c'était la meilleure des idées; c'est juste un cinglé qui a des hallucinations et peut buter quelqu'un juste parce qu'il fait une crise, 'fin bon...


- Vous avez mon téléphone de bureau grâce à ma carte mais vous pourrez m'appeler pour organiser cela plus facilement. N'oubliez pas, les horaires de bureau sont pour mes patients mais ma cuisine est toujours ouverte aux amis.

Cedric s'était levé également et s'apprêtait à sortir, saluant le psychiatre et prenant délicatement le papier sur lequel était écrit le numéro de téléphone.
Soit, l'auteur acceptait l'invitation, mais ignorait s'il ferait une crise ou non la fois où il serait chez ce docteur Lecter, et il priait d'ailleurs pour ça n'arrive pas.
Mentalement, il réfléchissait; il n'irait certainement pas seul. Probablement qu'au moins deux Akumu le suive, et il était hors de question que ses deux charmantes voisines de palier viennent avec lui.
Hum...à la réflexion, non, pas d'Akumu. Le maître-coq infernal risquait de se déchaîner en apprenant qu'il aurait probablement un potentiel rival. Ah oui, on commence à en parler de ce cuisinier infernal; on vous en reparlera plus tard...ou pas...
 
****

 
Cedric haussa un sourcil en regardant tout ce qu'Anatole avait réussi à préparer pour eux tous en un rien de temps et en sachant qu'il n'avait été aidé que par Jade, la fille du patron, et personne d'autre. Et encore ! Anatole s'était débrouillé seul pour une grande majorité des plats, Jade n'ayant fait que les sauces des plats préparés.
Les autres Akumu étaient tous installés à table, chacun à leur place, salivant en attendant que le cuisinier infernal ne leur donne la permission de se servir. Les femmes d'abord, les hommes ensuite, le chef en dernier; au grand dam de Kagi qui sembla bouder jusqu'à ce que son assiette se remplisse de sushis.
Cedric s'était alors tourné vers le cuisinier qui s'était alors assis à sa gauche.

 
-Et tu fais ça tout le temps Anatole ?
 
-Oui. Et ici, je te prierai de m'appeler Kemuri; c'est ainsi que je me nomme. Anatole n'est qu'une identité civile, Anatole n'existe plus.
 
Cedric était resté interdit. Il savait très bien comment s'appelait réellement le jeune cuisinier; Anatole "Sandie" Gwilherm Beringer.
 
-Comment ça, Anatole n'existe plus ?
 
-Tu n'as pas encore de sosei, tu es toujours vivant; je n'ai pas à te le dire.
 
La discussion était close avec lui, et il allait se poser bien des questions sur la famille Akumu par la suite.
 
****

 
En fait, Cedric se posait toujours une tonne de questions sur les secrets de la famille Akumu qui l'avait pourtant accueillie. Bien des mystères à résoudre, bien des secrets à découvrir encore. A défaut de ne pas avoir de sosei, Kagi lui avait dit qu'un jour il serait marqué, mais qu'en attendant, lui restait un sursis. Si Cedric ne voulait pas faire parti de la famille, alors il ne lui restait qu'une seule chose à faire; mourir pour avoir découvert des choses qu'il n'aurait jamais dû découvrir, ou bien...
Ou bien il serait marqué et jamais le Roi d'Argent ne le laisserait en paix.
Mais était-ce vraiment pour ça que le Faucheur Gris tenait à venir à Baltimore, alors qu'au départ il avait prévu de ne venir qu'à New York ou Quantico ?
 
Affaire à suivre, je n'aime pas spoiler...
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Folie à deux ~ PV: Cedric Law

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