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 FREDERICK ∞ l'indice d'or

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Clarice Starling
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MessageSujet: FREDERICK ∞ l'indice d'or   Mar 16 Sep - 12:04

Frederick ∞ Clarice
Jour J. Heure H. Enfin presque ; il lui restait encore dix longues minutes pour profiter de la chaleur de l’habitacle ; dix minutes pour souffler une nouvelle fois dans le vain espoir d'évacuer l'angoisse qui lui serrait les entrailles ; dix minutes pour qu'elle se souvienne de la raison de sa venue. L’Éventreur de Chesapeake. Elle était pour lui, uniquement lui. Un entretien avec le détenu qui disait être le célèbre tueur ; une courte interrogation afin de se convaincre qu'Abel Gideon était bien celui qu'il prétendait être. Il y avait dans l'air comme un soupçon de doute qui l'avait enveloppée à la seconde où elle s'était intéressée au cas mystérieux. Comme un instinct qui lui soufflait que les autorités avaient fait fausse route et que celui qui avait fait trembler Baltimore était encore dehors. Une intuition qu'elle ne parvenait pas à repousser au rang de simple idée ; c'en était devenu une véritable conviction. Presque une obsession. L'enquête résolue pour les autorités était alors devenue son objectif. Un moyen pour elle de se prouver que le métier d'agent fédéral était le bon choix, sa voie ; un moyen de gravir les échelons aussi. Elle n'avait jamais manqué d'ambition et savait que si elle parvenait à résoudre le mystère qui planait autour de l’Éventreur, ce ne serait qu'un avantage pour sa carrière. Entourée des meilleurs, autant résoudre la meilleure enquête que le vingt-et-unième siècle ait connu.
Toujours enfermée dans sa voiture, elle lança un coup d’œil à l'horloge sur le tableau de bord. Encore six minutes avant de se lancer dans la gueule du loup. Clarice inspira profondément, passa ses mains délicates sur le volant avant de les laisser retomber sur ses genoux. Dehors, la pluie. L'orage. Les éclairs. Un mélange qui zébrait le ciel gris et sombre, comme un écho à son actuelle situation. La vie était-il si ironique ou bien était-ce pure coïncidence ? Elle soupira. Bientôt, il lui faudrait affronter les gouttes acharnées et le vent glacé pour mieux retrouver les criminels considérés comme dangereux. Et si elle avait à choisir, elle préférait se battre contre l'un des détenus, plutôt qu'avoir à traverser la cour par pareil temps. Si elle n'avait jamais été plus effrayée par les orages que la moyenne, elle n'aimait pas la pluie. Jamais. Être trempée, avoir les vêtements qui lui collaient à la peau, sentir les gouttes glisser le long de son dos à cause de ses cheveux encore humides ; tant de sensations qu'elle ne pouvait apprécier et qui la rebutaient. Nouveau soupire alors qu'un éclair étincelait dans le ciel.Souvenir fugace, image rapide. Nostalgie, élan de tendresse, bouffée de larmes ravalées. Son père, lui montrait les éclairs, un large sourire aux lèvres. Elle, comptant les secondes pour mieux calculer les kilomètres qui la séparaient de l'orage terrifiant. Leur commun sursaut à chaque grondement, les rires nerveux, la fenêtre ouverte. Et les gouttes de pluie ruisselant sur son visage offert.
Trois minutes. Il était temps pour elle de sortir de son véhicule. La jeune femme attrapa son sac, posé sur le siège passager, fourra le dossier de l'enquête dedans et sortit après avoir pris une profonde inspiration. Se donner du courage, oublier l'orage, oublier la pluie. En un tour de main, Clarice avait verrouillé sa voiture et en courant à moitié, elle se rendit jusqu'à l'entrée de l'hôpital. Un gardien vérifia son badge avant de la laisser entrer mais déjà, ses cheveux s'étaient alourdis par la pluie. « J'ai rendez-vous avec le Docteur Chilton. » Une nécessite, lui avait-on dit au téléphone. Ensuite, seulement, elle aurait, ou non, l'autorisation de rendre visite au patient.

Accompagnée d'un infirmier, ou peut-être était-ce un autre gardien, qui s'était présenté sous le nom de Barney Matthews, Clarice traversa les couleurs. Une longue suite de couloir qui semblaient tous identiques tout en étant singulièrement différent. La jeune femme laissait son regard électrique se poser de partout. Chaque détail venait s'imprégner quelque part. Sans doute au fond de son âme. Plongée dans son observation minutieuse, elle n'avait pas noté que son guide s'était arrêté et manqua de le percuter alors qu'il frappait quelques coups gracieux à la porte close. Elle profita des quelques secondes d'attente pour tirer sur son chemisier et épousseter son pantalon-tailleur. La jeune femme eut juste le temps de replacer une mèche blonde derrière son oreille que, déjà, Barney l'invitait à entrer. Son cœur s'accélérait dans sa poitrine, sa détermination s'effritait. Dans un souffle, elle remercia l'infirmier et pénétra à l'intérieur du bureau.Déformation professionnelle oblige, elle porta son regard profond de partout et l'analysa en silence avant de finir par poser ses yeux sur l'homme qui lui faisait face. Le Docteur Chilton. Elle ne l'aurait guère imaginé comme ça. Sans doute un visage plus carré et des cheveux plus hirsutes. « Docteur Chilton je présume. Je suis l'agent Clarice Starling, du FBI, » se présenta-t-elle tout en lui tendant une main polie comme le désirait la coutume. Déjà, elle enchaînait. « J'avais appelé au sujet d'un patient qui se trouve dans votre hôpital. Abel Gideon. » Ne jamais perdre de temps, ne jamais passer par quatre chemins. Franchise et droiture. Un mot d'ordre, quelque chose qui s'en rapprochait.
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Frederick Chilton
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MessageSujet: Re: FREDERICK ∞ l'indice d'or   Ven 3 Oct - 13:23

Il était 7h30 quand le petit réveil sonna dans la maison du Dr Chilton, il se leva doucement et passa dans la salle de bain pour se faire présentable. Il avait été prévenu de l'arrivée imminente d'une jeune membre du FBI qui s'intéressait au cas Gideon. Il rasa donc sa barbe de trois jours pour ajouter de la prestance à son image. Chilton était quelqu'un de solitaire, flirter avec une jeune femme était l'un de ses désirs inavouables du moment. Il avait vu une photo de ladite Clarice Starling en se renseignant un peu mais pas grand-chose de croustillant, il allait devoir se faire sa propre idée aujourd'hui. Chilton enfila l'un de ses costumes sombres, seule fantaisie : une cravate bordeaux entachant la magnifique chemise blanche immaculée. Chilton prit un rapide petit-déjeuner et un café, il ne mangeait jamais trop le matin. Il avait passé la nuit à étudier certains dossiers de patients aux détails glauques et sentait encore comme une boule au ventre. Il avait décidément un métier perturbant son propre rythme de vie mais il s'en sortait. Certaines personnes auraient déjà perdu la tête dans la même situation. Il sortit d'un pas tranquille et prit sa voiture pour une vingtaine de minutes de route avant d'atteindre l'Unité Psychiatrique pour Criminels Dangereux de Baltimore.

Il salua le personnel en arrivant et s'installa tranquillement dans son bureau. Il alluma l'ordinateur réglé sur les moniteurs de l'asile d'où il pouvait tout surveiller. Il passa le casque sur les oreilles et écoutait à sa guise ce qu'il se passait dans son asile. Enfin, il enregistrait principalement les discussions entre Gideon et la jeune infirmière qui avait pris en main son cas récemment. Chilton n'est pas le plus aimé des directeurs mais dans un moment de crise, tout le monde s'est uni contre Gideon. L'infirmière tuée par Gideon récemment suivant le modus operandi de l'éventreur était appréciée.
Quand l'heure se rapprocha, Chilton vérifia que sa coiffure était impeccable. Il ne voulait pas donner une mauvaise impression même si ce n'était qu'illusions pour le moment. Il se leva quand il remarqua la porte s'ouvrir et vint accueillir la nouvelle venue d'une poignée de main chaleureuse. Elle était tout à fait charmante même si son regard semblait plutôt démontrer qu'elle était très sérieuse et absorbée par son métier.

- C'est bien moi en effet. Nous voyons passer beaucoup de membres du FBI, ici, mais je n'en ai jamais vu d'aussi séduisant. C'est un plaisir de vous rencontrer.

Il avait souri poliment en faisant cette remarque mais le fait qu'elle en venait droit au but le décevait un peu. Il abandonna son sourire commercial et revint au fameux patient dont elle voulait parler.

- Abel Gideon est un patient de marque ici, un tueur sociopathe de ce niveau est assez rare de nos jours. Sincèrement, j'ai plus l'impression d'être son secrétaire que son psychiatre. Il refuse même de me parler depuis quelques temps. Vous travaillez sur le profil de l'éventreur du Chesapeake, c'est bien ça ?

Chilton était cordial et poli, il trouvait la jeune femme peut-être un peu coincée mais il tenterait une autre approche à un autre moment. Il fallait parler affaires pour l'instant et savoir pourquoi une jeune femme s'intéressait à Gideon alors que le FBI l'avait déjà interrogé sur certaines circonstances liées au meurtre de l'infirmière récemment. Il allait bientôt en avoir le cœur net...
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MessageSujet: Re: FREDERICK ∞ l'indice d'or   Mer 15 Oct - 18:31

Frederick ∞ Clarice
Il y avait quelque chose de dérangeant. Ou plutôt, qui la dérangeait. Était-ce le ton mielleux que l'homme avait employé ou son regard s'attardant sur son corps menu, elle n'en savait trop rien. Mais l'attitude du psychiatre de renom suffit à lui tirer un frisson. Lâchant la main, mettant ainsi un terme à la poignée polie qu'elle avait elle-même engagée, Clarice espérait silencieusement être en mesure de reprendre contenance et paraître suffisamment professionnelle pour retenir les ardeurs de l'homme qui lui faisait face. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas être complimentée, ni même qu'elle n'était pas consciente d'être jolie, mais elle n'était guère en ces lieux pour se faire séduire. Se tenant droite et arborant un sourire circonspect, elle ne savait trop si elle devait répondre, ou non, à l'aimable remarque. « Tout le plaisir est pour moi, Docteur Chilton. Votre nom n'est pas inconnu au FBI, » finit-elle tout de même par répondre alors qu'elle s'approchait du bureau. Si le directeur du bâtiment désirait jouer la carte de la flatterie, elle ne voyait pas de règle l'interdisant de faire de même. Et ce n'était pas un mensonge ; il était vrai qu'au Bureau, le nom de Frederick Chilton n'était pas inconnu. Mais les rumeurs qui couraient à son propos n'étaient toutes des plus glorieuses. Ainsi l'homme semblait être aussi ambitieux que narcissique et appréciait toujours la flatterie à sa plus juste valeur. Cela faisait-il de lui un homme honnête ? Clarice ne saurait répondre à cette question. Pour l'heure, il était évident qu'elle ne comptait pas élever de quelconques animaux de ferme en sa compagnie.
Notant la perte du sourire du psychiatre, la jeune femme tenta de dissimuler son amusement. Sans doute aurait-il préféré perdre du temps en balivernes courtoises et en réflexion philosophique ? Ce n'était, dommage pour lui, pas l'objectif de la jeune agent. Aussi prêta-t-elle une oreille des plus attentives alors qu'il lui donnait de quoi esquisser un rapide portrait de l'homme qui l'intéressait. L'emploi des termes usé par le psychiatre étaient globalement les mêmes figurant dans le dossier de Gideon. Psychopathe, voire sociopathe, narcissique. Il semblait aussi douté de sa véritable identité. Reconnu coupable du meurtre de sa famille et, plus récemment, d'une infirmière, il avait aussi clamé être l’Éventreur de Chesapeake. Une théorie que personne n'avait pensé à remettre en cause. Le silence du prolifique tueur coïncidait avec une perfection rare avec l'enfermement de Gideon. Tout semblait concorder.
Mais le doute subsistait dans l'esprit de la jeune femme. Féroce et farouche. Obstiné et inoubliable.

Elle acquiesça. « Oui, c'est cela, je m'intéresse au cas de l’Éventreur pour mon mémoire afin de valider mon année de criminologie. » La version officielle, celle qu'elle servait aux plus curieux, à ceux qu'elle contactait et qu'elle ne pouvait mettre dans la confidence. « Je ne vous cacherai pas que c'est un cas des plus intéressant et qui fera sûrement parler de lui pendant plusieurs années encore, au même titre que les dossiers de Charles Manson ou de Jeffrey Dahmer, mais il y a encore plusieurs points qui restent obscures et que j'espère pouvoir éclaircir. Avec votre aide et, bien entendu, en ayant un entretien avec le patient lui-même. » Un petit sourire cordial en fin de phrase dans l'espoir de rassurer le psychiatre et un ton aussi doux que délicat. Elle avait eut plusieurs jours afin de préparer cette rencontre, avait pris soin de se renseigner sur le docteur autant que le criminel. « Je trouve étrange qu'il n'ait jamais fait mention des crimes de l’Éventreur avant d'être arrêté. Et le crime qui lui a valut de se retrouver ici, l'assassinat de sa femme et de sa famille, s'éloigne du profil de l’Éventreur. Pourquoi les avoir tués selon un mode différent ? » Consciente de s'aventurer sur un terrain glissant, elle continuait d'user d'une politesse presque exagérée. Il ne s'agissait pas de vexé son interlocuteur, moins encore de soulever le plus infime de ses soupçons. Elle désirait connaître la vérité, pas relancer la terreur en affirmant sans aucune preuve que le tueur en série était toujours dehors.
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Frederick Chilton
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MessageSujet: Re: FREDERICK ∞ l'indice d'or   Mer 29 Oct - 16:08

Clarice avait répondu très poliment et avait adroitement flatté l'ego du psychiatre. Ses antécédents au FBI dataient déjà d'il y a deux ans et avait abandonné face à l'échec du FBI dans la traque de l'éventreur du Chesapeake. Il dirigeait déjà l'asile et n'avait pas imaginé, à l'époque, qu'Abel Gideon serait aussi utile qu'à l'heure actuelle. Il était maintenant celui qui avait arrêté l'éventreur du Chesapeake et sa renommée s'étalait déjà grâce à Tattlecrime.com. Au final, il était parvenu à devenir une personne importante et malgré le doute sur Gideon, il avait utilisé tout son arsenal pour convaincre Gideon qu'il était bien l'éventreur. Séances d'hypnoses, drogues, stimulations lumineuses du cerveau et séances de thérapie où peu à peu, Abel Gideon sentait fuir sa véritable identité. Au fond, cet homme ne sait plus vraiment qui il est mais personne ne démontrerait que ceci avait été causé par les méthodes peu orthodoxes du Dr Chilton. Il ne risquait rien, pensa-t'il, Hannibal lui avait bien dit que nier tout en bloc le sauverait dans le pire des cas.

- Un entretien avec le patient ? J'espère que vous avez le cœur bien accroché car même derrière ses barreaux, c'est un homme dangereux.

Chilton ravala sa salive difficilement quand elle fit la remarque sur le mode opératoire de l'éventreur et le meurtre de la famille de Gideon. Elle marquait certes un point mais il ne souhaitait pas se faire démonter aussi facilement.

- Beaucoup de tueurs ont réussi à fonder une famille et séparaient leur profession de foi en tant que serial killer et leur vie de famille. Cela peut paraître bizarre mais Gideon faisait la même chose jusqu'au jour où Gideon a tué sa femme et ses enfants. L'éventreur est rusé et planifie tout mais pour le meurtre de sa femme, il semblait pressé par l'urgence. Je n'explique ce changement que par les circonstances différentes et la relation affective différente entre ses victimes et sa famille.

Chilton espérait avoir contrecarré cette idée de la jeune femme mais il ne pouvait en être certain. Elle lui avait, finalement, tout l'air d'une fouineuse se croyant bien plus intelligente que lui. Il aurait nettement préféré une blonde évaporée qui aurait répondu à son flirt et lui aurait en plus offert une nuit mémorable plutôt que chipoter sur le profil psychologique d'un patient. Soit, les choses étaient ainsi.

- Vous êtes bien sûre de vouloir le rencontrer ? Loin de moi l'idée de vous juger comme susceptible de vous faire avoir mais il s'agit de l'éventreur du Chesapeake, il a manipulé et tué pendant un bon moment et a une intelligence au dessus de la moyenne. Je vous aurais prévenu.

Il était encore temps de faire demi-tour, c'est ce qu'il voulait faire comprendre mais il semble qu'il allait être déçu...
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MessageSujet: Re: FREDERICK ∞ l'indice d'or   Mar 11 Nov - 17:53

Frederick ∞ Clarice
Usant des sourires et de son air de princesse gracile, Clarice sentait que son interlocuteur pouvait devenir un adversaire redoutable dans les joutes verbales. Son regard clair rivé sur le psychiatre, la jeune femme essayait de lire sur son visage le cheminement de ses pensées, voulait noter la plus infime de ses réactions afin de mieux en jouer. Mais ce qu'elle voyait n'était rien de plus que ce que le psychiatre laissait apercevoir. Un sourire qui se fane, une mâchoire qui se contracte. Guère plus. Elle était pourtant observatrice, mais il fallait penser que ce n'était pas encore suffisant pour se prétendre profiler. L'angoisse ressentie à l'idée de cet entretien se calmait lentement au fond de ses entrailles, mais une autre, une nouvelle flamme inquiétante, naissait au fond de son être face à cet homme. S'il était charmant, et pas forcément laid à regard il fallait l'admettre, il ne lui inspirait, en revanche, aucune confiance. Comme s'il était prêt à tout, y compris aux pires crimes pour atteindre ses objectifs. Or Clarice ignorait tout de ses objectifs-là et c'était bien ce qui l'inquiétait le plus.
Pour l'heure, elle se masquait d'un air sérieux et concentré, impénétrable et engageant, pour embrayer la conversation sur ce qu'il intéressait. Un fin sourire apparut sur ses lèvres et elle baissa légèrement la tête avant d'opiner du chef. « Ne vous inquiétez pas Docteur, je ne dois pas mon poste au FBI uniquement grâce à ma capacité à analyser ce que je vois. » Elle se faisait passer pour plus forte qu'elle ne l'était ; elle avait, certes, suivit un entraînement rigoureux et intensif et l'avait passé sans trop de difficulté grâce à sa personnalité assez sportive, mais elle désirait surtout faire bonne figure devant son interlocuteur. Elle n'avait, de toute façon, guère l'intention de faire une colocation de cellule avec celui qui était suspecté d'être l’épouvantable Éventreur. Elle voulait s'entretenir avec le patient et elle se doutait bien qu'il y avait quelques règles de sécurité à suivre. Et, dans le fond, elle l'espérait bien. S'il était réellement celui qu'il prétendait être, nul doute qu'il était d'une violence rare et d'une dangerosité extrême. Lutter contre lui était impensable, du point de vue de la jeune femme qui avait suffisamment observé les photo de ses crimes pour savoir qu'il était préférable de ne pas trop s'en approcher. Et même s'il n'était pas l’Éventreur, la cruauté dont il avait fait preuve en tuant ainsi sa propre famille restait éloquent.

Elle acquiesçait, approuvant les dires du psychiatre. Il était vrai que le cliché du psychopathe sans famille n'était véridique que dans les séries télévisées et au cinéma. Dans la réalité, il était bien plus difficile de cerner un tueur en série, ces derniers possédant une faculté et une facilité évidente à réussir à se fondre dans la masse. Ils aimaient, ou prétendaient le faire, s'organisaient une vie de famille stable et aimante, étaient les parfaits voisins cordiaux et toujours prêts à vous dépanner, des travailleurs lambda au sein d'une entreprise. Loin de tout soupçon, c'était cet atout qui les rendait si dangereux. « Eh bien, c'est pour mieux comprendre que cette différence et pour aussi connaître, ou  tenter du moins, ses motivations que je souhaite le rencontrer personnellement et lui poser quelques questions. Mon objectif n'étant pas tant de savoir pourquoi il l'a fait mais de comprendre pourquoi. Et je suis sûre qu'en tant que psychiatre vous pouvez comprendre, peut-être même partager, mon intérêt pour ce cas si particulier. » Un regard légèrement tendre tout en étant déterminé et un sourire poli et avenant sur les lèvres. Elle aurait put rajouter un peu de flatterie mais ne désirait pas faire l'erreur de sous-estimer son interlocuteur.  La jeune femme le savait d'une grande intelligence et à trop le flatter, elle risquait de se brûler les ailes par trop d'hypocrisie. C'était un dosage précieux et il n'était pas question d'en gâcher la moindre goutte.
Elle se pencha légèrement en avant, plus déterminée que jamais à faire comprendre à celui qui possédait un égo bien trop grand qu'elle n'allait pas lâcher si facilement l'affaire. A sa façon d'insister, elle aurait presque pu se méprendre sur ses véritables intentions. « Je vous l'ai dis, Docteur, je me sers de ce sujet pour valider mon année. J'ai déjà interrogé des tueurs et je ne suis pas aussi facilement impressionnable, je veux juste pouvoir avoir un entretien avec lui pour en apprendre davantage. Rien de plus. » Son regard s'était durcit pour se faire plus sombre. Il n'était plus temps de bavasser gentiment avec le directeur, elle désirait bien avoir ce pourquoi elle avait fait le déplacement. Celui qui faisait couler de l'encre et dont le nom était sur toutes les lèvres.
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MessageSujet: Re: FREDERICK ∞ l'indice d'or   Lun 22 Déc - 16:11

Le Dr Chilton se leva de son bureau, il ne souriait plus vraiment et allait bien devoir faire son travail. Il fit quelques pas, exhalant lentement son haleine mentholée et passant une main dans ses cheveux lissés à la gomina. Il fit quelques pas et ouvrit lentement la porte en invitant la jeune femme à le suivre.

- Si vous voulez bien me suivre.

Chilton guida Clarice à travers les couloirs et ils finirent par descendre dans une zone sécurisée, celle où on internait les patients dangereux. Beaucoup d'histoires macabres entouraient ce lieu mais malgré cette ambiance glauque, l'endroit reflétait l'autorité froide de son directeur. Des couloirs blancs rénovés et un sol brillant. Chilton avait dirigé une vaste opération de rénovation dans l'établissement, quelque-chose dont le but était de redorer le blason qui n'était en soi que très peu reluisant...

- Vous devriez être capable de retenir quelques consignes : ne touchez pas aux barreaux et ne passez pas la main entre eux. Donnez-lui uniquement du papier souple ; pas de stylo ni de crayon. Il a ses propres feutres. Les documents que vous lui passerez ne doivent avoir ni agrafes, ni trombones, ni épingles. On lui transmet les choses par le passe-plat. Elles ressortent de la cellule de la même manière. Sans exception. Ne prenez rien de ce qu'il pourrait essayer de vous tendre à travers les barreaux. Vous m'avez bien compris ?

Chilton ouvrit l'accès au couloir des cellules, un gardien les avait rejoint. Il surveillerait depuis l'entrée. Chilton fit mine de partir.

- Sur ce, je dois vous laisser. Gideon semble avoir une dent contre moi depuis peu. Bonne chance à vous.

La porte de ferraille laissa l'accès au couloir pour Clarice, une chaise avait été disposée en face de la cellule. Gideon était quelqu'un d'assez courtois quand il recevait un visiteur. Gideon était allongé, faisant mine de dormir. C'était à elle de faire le premier pas...
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