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 Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)

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Renji Kagami
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MessageSujet: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Jeu 29 Mai - 8:55

Renji avala une gorgée de café noir très serré, véritablement amer et immonde. Après avoir fini, il se massa les paupières et enfila sa blouse pour se diriger vers le laboratoire médico-légal. Ils avaient toujours du travail ici et comme toujours, il fallait avoir les nerfs bien accrochés. Certains se demandaient comment un type comme Renji faisait pour ne jamais prendre de vacances, ne jamais être dégoûté par les horreurs qu'il voyait. Ces gens avaient perdu la vie et il fallait bien que quelqu'un s'occupe de les examiner pour leur donner une chance d'attraper leur assassin.

Renji s'avança vers l'un des grands tiroirs et l'ouvrit, tirant le plateau dévoilant un corps qui n'était ici que depuis trois jours. Ce corps avait quelque-chose de réellement préoccupant en réalité et rappelait quelque-chose à Renji, il appellerait Jack si ses intuitions se confirmaient. Il déplaça le corps sur la table principale et examina les plaies ouvertes de manière béante, le tueur avait des notions de chirurgie. Le foie et le cerveau avaient été extraits par l'assassin, la cause de la mort était la mutilation. Les veines connectant ces deux organes avaient aussi été prélevés comme si il voulait reconnecter ensuite ces organes. Est-ce que la piste d'un trafiquant d'organes serait réellement envisageable ? Il y avait autre chose de troublant...
Il ouvrit un dossier datant de deux ans qu'il avait pris avec lui " L'éventreur du Chesapeake ". La manière d'extraire les organes était la même et la mutilation était encore une fois la cause de la mort. Il y avait quelque-chose de perturbant la-dedans, l'éventreur avait encore une fois forcé le trait en mettant une scène violente et humiliante pour la victime. En voyant la photo du corps, il ne pouvait penser à autre chose qu'à la signature du tueur qu'ils avaient poursuivi à l'époque et qui leur avait enlevé Miriam Lass.

Renji aurait eu envie de pouvoir se mettre dans la tête de ce tueur. Malgré toutes les recherches, personne n'avait compris la motivation de l'éventreur à tuer et extraire les organes de manière chirurgicale. Il s'agit de poursuivre un tueur possédant de nombreux trophées chirurgicaux mais que fait-il de ces organes ? Des crimes teintés d'élégance et d'humiliation publique pour les victimes, c'était bien sa signature. Il avait déjà éventré un homme en le laissant assis dans une église, sa langue lui servant de marque-pages dans sa bible. Cela ne pouvait être autre chose. Il entendit du bruit dans le couloir et perdit subitement un peu de sa concentration. Quelqu'un arrivait...

[Coucou. Ce sujet est ouvert aux membres du FBI mais Kaelig peut aussi avoir le droit d'y répondre du fait de sa demande de RP précédente avec moi.]
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Kaelig D. Telouk
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Lun 23 Juin - 9:42


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Dévoilant le badge fédéral à l'agent de sécurité, Kaelig s'étonna de l'absence d'angoisse pour lui serrer les entrailles. Pénétrer le Bureau du FBI avait revêtu le peignoir du quotidien pour le journaliste d'investigation qui usait de nombreuses ruses pour parvenir à ses fins. L'air décontracté dans son costume impeccablement repassé et arborant le même visage figé et vide de toutes expressions que les agents qu'il croisait, il prit quelques minutes devant l’ascenseur de métal pour réfléchir. Où se rendre en premier lieu ? Sortant le calepin sur lequel il prenait consciencieusement ses notes, il jeta un rapide coup d’œil à celles-ci. Le corps avait été retrouvé plusieurs heures plus tôt et s'il s'était rendu sur les lieux présumés du crime, il n'avait pas réussit à apercevoir plus qu'une house sombre dissimulant le corps. Les agents postés sur place avaient refusé de répondre à la moindre de ses questions et c'était en voyant l'entêtement quasiment enfantin de ses collègues journalistes que Kaelig avait eut l'ingénieuse idée de venir récolter quelques informations en avant-première directement au Bureau. Il avait suivit le parcours du cadavre l'air de rien, se laissant guider par le véhicule de la morgue facilement identifiable. Est-ce que les agents chargés de l'enquête étaient déjà rentrés au bercail ? Est-ce que le corps avait put être identifié ? De nombreuses questions balançaient dans l'esprit torturé du journaliste sans qu'il ne puisse émettre la moindre réponse. Du moins, pour l'instant. Il releva la tête, s'effaça pour laisser passer une équipe fédérale bruyante et, après avoir glissé le calepin dans la poche intérieure de sa veste, il pénétra à l'intérieur de l'ascenseur. La morgue était aux étages inférieurs. C'était toujours le cas. Son doigt alla s'écraser contre le bouton et il sentit son cœur se serrer douloureusement. L'appréhension qui commençait à contracter son estomac n'était pas due à son infiltration interdite dans les locaux du FBI. Non. Il angoissait à l'idée de faire face à un nouveau cadavre. Depuis la Palestine, l'homme avait du mal à rester impassible face à un corps. Toujours, il revoyait l'expression figée de ce gamin décédé pour rien. Il se sentit vaciller. Ses mains cherchèrent la paroi froide de l'ascenseur contre laquelle il colla son front, les yeux clos. Il était revenu de ces terres déchirées intact, indemne. Il avait put retourner dans les bras des États-Unis, avait retrouvé le berceau réconfortant alors que d'autres continuaient à se battre. Pendant que d'autres continuaient de mourir sous le feu ennemi. La guerre avait perduré, même sans lui.
L'engin s'arrêta brusquement, les portes s'ouvrir devant lui. Blême, Kaelig en sortit d'un pas incertain et marqua un arrêt. Le temps d'ajuster son veston, le temps de reprendre ses esprits et le contrôle. Lentement, ses mains firent mine de vouloir repasser les plis de ses vêtements et, après avoir lancé un rapide coup d’œil à droite, puis à gauche, le journaliste d'investigation s'engagea dans le long corridor terne. Il avait le pas assuré et la tête haute. Une attitude qu'il savait essentielle s'il ne voulait pas se faire repérer dès les premières secondes et mettre à la porte. Ou dans une cellule. Ce cas de figure lui était déjà arrivé par le passé. Les agents fédéraux n'avaient, de toute évidence, pas le sens de l'humour et n'appréciaient guère qu'un vulgaire journaleux soit capable de pénétrer leur Bureau et de se balader en leur sein sans qu'ils ne s'en aperçoivent avant plusieurs heures. Ils avaient même menacé de renforcer la sécurité mais d'après ce que Kaelig pouvait constater, ce n'était rien de plus que de belles paroles en l'air. Enfin il trouva la porte ouverte de la salle qu'il cherchait. Un coup d’œil en biais lui permit de constater que le médecin légiste s'y trouvait déjà. Un vague sourire fleurissant sur le coin des lèvres, Kaelig entra dans la salle sans un mot. Kagami. Il aurait du s'en douter. L'autopsie risquait de se révéler plus intéressante et amusante que Kaelig le craignait à cause de la présence de Kagami. Après tout, leur précédente rencontre n'avait pas forcément été la plus sympathique.

A peine était-il entré que son regard se posa sur le corps reposant sur la table d'autopsie. Les blessures étaient là, comme si elles patientaient qu'une âme charitable accepte de les refermer par pudeur. Il masqua sa gêne face aux mutilations subies et s'approcha lentement, une main dans sa poche, prêt à enregistrer ce qui allait se dérouler. Ses yeux bleus analysèrent le cadavre sans qu'il ne remarque plus que ce qu'il y avait sous son regard ; une autre victime. Ses sourcils se froncèrent pourtant. Le modus operandi n'était pas sans rappeler celui du tueur qui avait fait frémir Baltimore durant plusieurs mois. The Chesapeake Ripper. Kaelig inspira longuement et se recula de quelques pas, les yeux mi-clos. Les images traumatisantes de la guerre lui revenaient dans une tempête de souvenirs qu'il aurait préféré fuir. Il détourna la tête de cette vision d'horreur, évitant de reposer son regard sur le corps mutilé, retenant un haut-le-cœur. « Vous pensez que l'Eventreur de Chesapeake est responsable ou bien s'agit-il d'un vulgaire plagieur ? » Il s'était adressé au médecin légiste, l'observant de son regard clair. Ses doigts avait appuyé sur le bouton pour enregistré du magnétophone et son autre main était allé chercher le calepin duquel il avait tiré un stylo. « Vous savez s'ils ont réussit à identifier la victime ? » La mine du stylo reposait sur la feuille encore vierge et n'attendait qu'une réponse de la part de l'interlocuteur pour commencer à rédiger les réponses.

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Dernière édition par Kaelig D. Telouk le Ven 22 Aoû - 13:09, édité 1 fois
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Renji Kagami
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Sam 2 Aoû - 12:01

Renji se massa machinalement les paupières en entendant la voix derrière lui, il connaissait cette voix et elle réveillant en lui un sentiment partagé entre ennui et indifférence. Certes, le fait que le tueur récupérait des trophées chirurgicaux rappelait l'Eventreur du Chesapeake mais beaucoup de tueurs faisaient aussi ça. Ce qui était important avec l'Eventreur, c'était les cycles. Le dernier s'étant terminé il y a deux ans avec quatre victimes.

- L'Eventreur a disparu sans laisser de traces il y a deux ans, tout le monde sait ça. Il y a peu de chances que ce tueur refasse surface comme par magie mais si c'est le cas, il y aura encore deux meurtres après celui-ci et il disparaîtra encore une fois pour une durée inconnue.

Renji n'avait pas très envie d'en parler mais il reconnaissait que Kaelig avait aussi connu cette affaire à l'époque où elle terrifiait énormément de monde. Renji était à la fois fasciné et dérangé par la façon de faire de ce tueur. Les crimes de l'éventreur étaient méthodiques et bien élaborés malgré les horribles mutilations, il y avait toujours une certaine ironie et une certaine élégance dans la manière de commettre ces crimes.

- Ils n'ont pas identifié la victime, ses papiers sont des faux et ont prouvé qu'il était lié à la pègre mais on ne sait pas encore de quelle manière. L'Eventreur ne choisirait pas ses victimes pour faire justice, il les humilie. Ce n'était peut-être qu'une coïncidence si ces hommes se sont croisé mais une coïncidence fatale pour la victime.

Renji recouvrit le corps avec le drap blanc, il en avait assez vu pour l'instant et il avait toutes les données à l'esprit. Sa mémoire lui permettait de visualiser ce corps à nouveau et en tirer de nouvelles conclusions s'il le faut. Renji feuilleta encore le profil psychologique fait par Frederick Chilton il y a deux ans, il se retint de pouffer de rire en lisant certaines des spéculations idiotes du psychiatre sur la motivation du tueur. Chilton était certes un bon psychiatre mais il avait beaucoup trop d'imagination et cela l'empêchait de n'appréhender que les faits.

Renji dévisagea le journaliste en face de lui, Renji le savait compétent mais il ne fallait jamais trop en dire à la presse. N'ayant aucune preuve sûre du retour de l'Eventreur, il serait idiot de publier un article a moins qu'il n'ait envie de provoquer une panique basée sur des rumeurs. Ils n'avaient aucune preuve qu'un nouveau cycle avait commencé, enfin il espérait que ce meurtre n'était pas lié à celui de la jeune femme décapitée dans une ruelle qu'ils avaient trouvé quelques mois plus tôt...

- J'ai terminé mon travail pour le moment, je vous offre un café tant que vous êtes la où vous êtes sur un scoop ?

Renji n'aimait pas les journalistes, il demeurait cinglant envers des fouineurs comme Freddie Lounds mais il trouvait que Kaelig faisait preuve d'un peu de professionnalisme enfin ce qui y ressemble en tout cas. Il n'y avait encore aucune raison de crier que l'Eventreur du Chesapeake était de retour, ils avaient le temps d'enquêter si son intuition lui jouait des tours mais si les deux meurtres sont liés...Ils n'ont plus qu'une seule chance d'attraper l'Eventreur...
Au dernier cycle, ils on perdu Miriam Lass. Jack Crawford le veut mort ou vif, cela fait longtemps que ce tueur joue avec ses nerfs...
Par la fenêtre, Renji regardait la pluie et se demandait à quoi pensait l'Eventreur en ce moment. Est-ce le genre de pensées que sa mère aurait eue avant de tuer...?
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Kaelig D. Telouk
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Ven 22 Aoû - 13:09


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Notant ce qui lui était répondu, Kaelig organisait d'ores et déjà ses pensées frivoles. Les questions lui venaient à l'esprit, aussi simplement que s'il les avait préparé à l'avance – ce qui était particulièrement faux ; jamais il ne se préparait – et une partie de son cerveau cherchait un gros titre accrocheur. Un cycle qu'il orchestrait avec brio la plupart du temps. Tandis que ses collègues essayaient d'interrogé les enquêteurs chargés de l'affaire, se disputant une information aussi secondaire qu'inintéressante, l'australien allait puiser ses réponses à la source. Simplement et efficacement. C'était son talent inespéré pour fouiner qui faisait de lui un journaliste hors-pair ; mais c'était aussi ce trait de caractère qui lui attirait le mépris des enquêteurs. Et des médecins légistes. Le rouquin n'était pas sans savoir que Kagami ne lui divulguerait aucun scoop tant qu'il n'en saurait plus. L'espoir, toutefois, ne paraissait pas quitter l'homme au regard de glace. Aucune preuve qu'il ne s'agisse de l’Éventreur de Chesapeake. Fallait-il en faire mention dans son article ou attendre d'avoir une certitude ? Selon le légiste, il semblerait y avoir quelques similitudes ; mais celles-ci seraient trop faibles pour affirmer quoique ce soit sur l'identité du tueur. Même si Kaelig désirait être le premier à en faire mention, il était inutile d'alarmer la population de Baltimore pour un possible tueur en série quelconque. S'il était possible de considérer un tueur aussi sanglant comme n'étant rien de plus qu'un vulgaire tueur. Ôter la vie à un autre être vivant était un geste qui demandait beaucoup de force de caractère et, dans le fond, de courage. Le journaliste s'était toujours refusé à le faire mais en Palestine, le choix lui avait été sous-tiré. Tuer ou mourir.
Il acquiesçait, pensif. L'argument de Kagami semblait se tenir ; le tueur qui avait fait trembler la ville n'avait plus donné de signe de vie. Mais était-ce réellement synonyme de retraite anticipée pour le criminel ? Kaelig n'en était pas certain. Il avait suffisamment épluché de dossiers sur les plus prolifiques tueurs en série dans le monde et dévoré suffisamment de coupures de presse pour savoir qu'il n'était pas rare que les tueurs cessent de faire parler d'eux avant de revenir. Cela pouvait être dû à n'importe quoi ; hospitalisation, enfermement (combien de tueurs n'avaient-ils pas cessé de tuer car ils avaient été arrêté pour des crimes mineurs?), maladie... « Hm... Ed Gein a tué cette pauvre Mary Hogan en 54 et a attendu trois ans avant d'assassiner Bernice Worden, pourquoi notre homme ne s’octroierait-il pas une petite pause, lui aussi ? » Même s'il préférait, au fond de lui, que l’Éventreur ne revienne pas à la surface, le journaliste préférait envisager toutes les possibilités. Sans doute empiétait-il sur le travail des véritables enquêteurs en agissant ainsi, ouvrant de multiples pistes pour mieux s'y perdre par la suite. N'était-ce pas là ce qu'il faisait de mieux ? Le rouquin ferma les yeux alors que l'autre recouvrait le cadavre. Toujours les mêmes visions qui venaient le tourmenter. Un corps trop blanc, trop pâle, trop froid. Un corps trop vide, trop rigide, trop mort. Et une âme envolée. Ailleurs. Loin. S'il avait perdu la foi en l'existence d'une puissance supérieur, d'un lieu où les âmes pourraient retrouver la paix ou la tourmente selon leurs méfaits, Kaelig ne pouvait s'empêcher d'espérer que tous étaient en harmonie avec eux-même. Que la mort les lavait de toute culpabilité passée, de toute peine dévastatrice. Victime non-identifiée, lien certain avec la pègre. Ce n'était pas avec ça qu'il allait vendre un bon papier. Une grimace s'esquissa sur son visage pendant que le légiste vaquait aux dernières vérifications.

Encore un cadavre. Non, jamais son rédacteur-en-chef ne lui permettrait un titre d'une telle faiblesse. Cela donnait l'impression que Baltimore était le recueil des cadavres et que tous les jours, un nouveau crime faisait rage. Mauvaise idée de la ville, le Maire irait se plaindre, le directeur du journal ferait son sermon et le rédac-en-chef passerait ses nerfs sur Kaelig. Très mauvaise idée. Nouveau décès : la violence s'accroît. Déjà plus accrocheur mais toujours trop polémique pour que son patron accepte. L'idéal aurait été d'avoir quelques certitudes – sur l'identité de la victime ou sur celle du tueur – pour donner une première ligne d'accroche. Mais ce crime ne désirait pas lui faciliter la tâche. Le journaliste gribouillait ses idées de titre sur son calepin, avant de relever la tête. « Qu'a révélé l'autopsie ? Il y a-t-il une trace d'un modus operandi particulier ou des marques de violence particulières ? » Perdu dans le dédale de ses pensées, il en avait oublié les questions les plus importantes. Violence rare à Baltimore : un possible mafieux a été retrouvé, mort. Le titre lui plaisait déjà davantage même s'il était loin d'être sa meilleure trouvaille. D'autant plus qu'il faudrait que l'identité du corps soit avérée afin de vérifier s'il était bien mafieux – mais un mafieux n'était-ce pas tout ce qui touchait à la pègre, de près ou de loin ? Même si le cadavre clamait ne pas en faire parti, quel genre d'homme est lié à la pègre ?
Son sourcil gauche s'arqua dans un mimique infantile à la proposition de Kagami. Si leur relation restait cordiale la plupart du temps, il était impossible de parler de véritable rapports amicaux. Ils se toléraient dans la limite du professionnalisme. Prendre un café n'était guère dans leurs habitudes à tous les deux, aussi Kaelig prit-il le temps de réfléchir. Il n'avait aucun scoop. A peine une ébauche d'article possible. Peut-être qu'autour d'une table et en dégustant une petite boisson, le légiste lui ferait-il part de quelques nouvelles ? Ce ne serait pas la première fois que le journaliste glanait quelques informations off-record et les utilisait dans ses papiers. Tout en méditant la proposition, il plongea la main dans sa poche et en profita pour éteindre le magnétophone. Une fois n'est pas coutume, il allait favoriser la discrétion. Nul doute qu'il faudrait la jouer serrer s'il désirait obtenir quelques éléments supplémentaires. « Eh bien, j'ai encore du temps devant moi avant de me mettre à la rédaction de mon papier donc je ne dirai pas non, » sourit-il avant de ranger son matériel du parfait petit journaleux. Comme il sortait de la salle d'autopsie, il remarqua qu'il ignorait si Kagami préférait prendre un café à la cafétéria du Bureau ou s'il désirait sortir, prendre l'air. Respirer autre chose que l'odeur des corps en décomposition. Écho à ses pensées morbides, il lui semblait déceler dans l'air une vague odeur de sang ; le fer qui l'avait accompagné tout au long de son séjour en terre aride et qui avait laissé en lui une empreinte indélébile. Plus jamais de cadavres, s'était-il dit, une nuit alors que les bombardements faisaient rage dehors. Et le voilà journaliste judiciaire, à courir pour obtenir le moindre scoop, à se faufiler pour avoir une vue imprenable sur les corps abandonnés. Douce ironie.

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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Ven 3 Oct - 9:42

Renji savait que les propos du journaliste n'étaient pas idiots mais il savait aussi que la majorité des gens haut-placés au FBI ne voulaient pas entendre à nouveau parler de cette affaire. Prouver que le meurtre était bien celui de l'éventreur reviendrait simplement à relancer Jack Crawford dans une croisade pour traquer l'homme qui avait pris la vie de Miriam Lass. En clair, il fallait souvent une bonne raison pour qu'un tueur cesse de respecter son rythme de meurtres. Il fallait quelque-chose, soit une contrainte où un arrêt volontaire des crimes dans un but précis. On ne sait que bien peu de choses sur l'éventreur et faire des conjectures n'aideraient pas vraiment.

- S'il tuait, c'est dans un but précis. On ne s'octroie une pause uniquement quand on a plus besoin de tuer ou si on y est contraint. Ou bien alors, on a trouvé un autre moyen de satisfaire nos désirs. Qui sait laquelle de ces trois solutions pourrait être avérée si l'éventreur rôde encore dans les parages.

L'autopsie ne révélait pas grand-chose en soi. Des mutilations extrêmes et des trophées chirurgicaux ont été pris. En l’occurrence, le foie et le cerveau étaient manquants ainsi que les veines reliant ces organes au reste. Tout cela avait été extrait avec grand soin, le tueur a des connaissances chirurgicales très précises comme l'éventreur.

- Difficile à dire, la brutalité des mutilations semblent avoir pour but de cacher l'extraction des trophées chirurgicaux. Vu la profondeur des plaies, il pourrait sûrement s'agir d'un petit couteau voire d'un scalpel qui a servi d'arme. Pas de modus operandi excepté les mutilations et le trophée, il l'a littéralement éventré et la victime s'est vu mourir.

Kaelig accepta sa proposition du café. Renji ne le faisait pas par pure sympathie mais cela lui donnait au moins un prétexte pour sortir du labo, prendre un café et paraître un peu plus sociable. Il aimait beaucoup son métier mais certains le prenaient pour un fou du fait qu'il appréciait véritablement travailler dans ce laboratoire.
Quelques minutes plus tard, il entrait de la monnaie dans la machine et se servit un Cappuccino, laissant au journaliste le choix de sa boisson. Il s'assit à une petite table et avala une gorgée du liquide brûlant. Il réfléchissait et tout en fixant la table, il adressa une seule question au journaliste.

- Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi l'éventreur commettait ses meurtres ?

C'est la question de base mais personne n'était parvenu à le déterminer. On ne savait vraiment pas du tout pourquoi l'éventreur collectait des trophées chirurgicaux sur un cycle rapproché de trois meurtres à la même période. Quel pouvait être son but ?
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Kaelig D. Telouk
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Mer 15 Oct - 22:00


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Curiosité aidant, Kaelig écoutait d'un air pensif les propos de son interlocuteur. Il y avait du vrai dans ceux-ci mais le journaliste n'était pas tout à fait convaincu. Même s'il souhaitait, silencieusement, se tromper, un instinct lui soufflait qu'ils n'étaient pas prêt d'avoir finit d'entendre parler de celui qui avait terrifié les rues de Baltimore. Deux ans de silence c'était long. Leur homme aurait put décéder, ou bien s'évaporer, quitter la ville peut-être ; les hypothèses n'étaient guère ce qui manquaient en cette heure sombre. Et quand bien même l’Éventreur aurait-il réellement disparu, il avait contribué à l'augmentation de la violence au sein de la ville. C'était une remarque indubitable qui ne le quittait pas.Une constatation quelque peu effroyable qui lui tirait des sueurs froides. Il ne pouvait imaginer pire encore, mais il en savait l'être humain capable. « Mais quel but justement ? N'avez-vous pas déjà eu la sensation qu'il essayait de faire passer un message ? S'il avait un but, un réel objectif à travers ses crimes, il aura forcément laisser des indices. Trouver une alternative au meurtre ? J'en doute. A part les prédateurs sexuels qui peuvent retrouver dans l'acte sexuel le plaisir de tuer, les autres ont besoin de davantage. » Il interrogeait, à la manière d'un inspecteur de police. Il martelait le légiste de ses questions auxquelles il n'avait aucune réponse à apporter. Et sans doute était-ce équivalent du côté opposé. La seule personne qui aurait put satisfaire sa curiosité toujours grandissante n'était autre que l’Éventreur lui-même. Mais le rencontrer n'était, pour l'heure, pas tâche aisée. Certains disaient qu'il avait déjà été arrêté et finissait ses jours derrière les barreaux ; d'autres affirmaient, dans leur grande naïveté que le Docteur Gideon, précédemment arrêté et présentement interné dans un établissement pour criminels dangereux était véritablement celui qu'il prétendait être. Les doutes étaient permis. Le rouquin préférait ne pas se prononcer ; son âme de journaliste lui criait de ne pas prendre pour acquis la moindre affirmation prononcée par un homme déclaré fou à lié mais une voix minuscule, au fond de lui, le suppliait de ne pas trop chercher. Il voulait y croire, voulait donner du crédit à ces propos.
Sans lâcher le stylo qu'il tenait serré entre ses doigts, il commençait à noter la réponse de Kagami. Mais l'horreur de la chose le fit s'arrêter de relever la tête. Il ne cacha ni une grimace de dégoût, ni un frisson. Ce nouveau tueur, à supposer qu'il s'agisse bien d'un nouveau, était d'une cruauté sans nom. Il ferma les yeux, secoua la tête. Ne pas se laisser aller, ne pas se souvenir de ces corps déchirés, de ces larmes versées. Ne pas revoir les jambes arrachées, les doigts découpés. « Vous dîtes qu'il récupère des organes en guise de trophées ? Est-ce qu'il s'agit d'un organe en particulier ? Les enquêteurs ont-ils pensé à fouiller dans la base de données afin de s'assurer qu'il n'y avait pas déjà eu un cas similaire recensé à travers l'ensemble du pays ? » Il tourna la page de son calepin, continuait de noter rapidement. Voilà ce qu'il appelait glaner des informations. Voilà qui lui promettait un bon papier malgré le manque de ressources sur la victime. Les meurtres morbides et sauvages faisaient souvent sensation, l'australien ne l'avait pas oublié. Plus le crime allait en profondeur dans la violence et dans l'horreur, plus les lecteurs étaient avides et plus ils se montraient intéressés. Un comportement qu'il était loin de cautionner, plus loin encore de comprendre. La violence lui donnait la nausée, la cruauté des haut-le-cœur. Et le fait que le plus gros de la population semblait si réceptif face à tant d'atrocité lui nouait l'estomac et suffisait à le révulser de la société. L'homme est un loup pour l'homme. Ce cher Thomas Hobbes avait parfaitement raison.

Il avait suivit le légiste d'un pas traînant, sans mot dire. Sans même trop regarder où il se rendait, en vérité. La tête baissée, il continuait de gribouiller des titres potentiels avant de raturer sauvagement le papier fin. Il relevait la tête vers celui qui l'accompagnait alors que ce dernier se servait sa boisson. Coupé dans son élan pour lui poser la question qui venait de lui sauter à l'esprit, il fouilla dans ses poches, en sortit quelques pièces qu'il engouffra dans la machine. Dans le gobelet coula de l'eau chaude dans laquelle il plongea un sachet de thé saveur fruit des bois qu'il venait d'attraper. La boisson chaude dans une main, le stylo coincé maladroitement dans ses doigts et le calepin dans l'autre, il rejoignit son comparse. Une nouvelle fois, il ne fut pas assez rapide, déjà, le légiste le plongeait dans une longue réflexion forcée. La nature des meurtres de l’Éventreur ? La question avait bien dut germer dans son esprit curieux mais s'il avait désiré connaître le pourquoi, il se serait tourné vers le métier d'enquêteur, voire d'inspecteur. A dire vrai, fouiller dans le passé des autres le rendait presque malade. Il y avait pourtant eu une époque où il n'avait eu que faire de blesser ceux qu'il dévoilait au grand jour sous leur véritable nature, les discréditant sans le moindre remord et démasquant leurs sombres histoires oubliées dans ses articles. Mais c'était avant. Avant que Maëlise ne décède, avant qu'il ne devienne, lui-même, la proie de tels articles. Avant que ceux qui se prétendaient collègues ne fouillent dans les antécédents familiaux de sa tendre épouse pour la mettre à nue. Avant qu'on ne cherche à le faire tomber, lui aussi. Vivre cette épreuve lui avait fait changé d'avis. Sur trop de choses.
« La question m'a traversé l'esprit, si. Mais je n'ai jamais trouvé de réponse et ce n'est pas mon rôle. Même si je cherche à savoir le pourquoi, ce n'est pas à moi de le découvrir. Et vous ? A titre personnel j'entends. » Il souleva le sachet de thé qu'il pressa contre les parois du gobelet avant de ne pas perdre la moindre saveur et il le déposa ensuite sur la table en attendant de pouvoir le jeter. Il profita de la réponse pour avaler une gorgée et reposa le gobelet. Un peu trop chaud mais le parfum ressortait à la perfection donnant à la boisson un goût sucré qu'il appréciait bien. « Tout à l'heure, vous avez parlé d'un scalpel, c'est bien ça ? Le tueur pourrait être un médecin ? » La question lui brûlait les lèvres. Il avait besoin de savoir. Si les soupçons se portaient sur un médecin, l'opinion publique serait différente. Les médecins tueurs parvenaient toujours à faire parler d'eux, à tirer le dégoût et l'intérêt. C'était ce qui assurait à un journaliste un article de qualité. Il suffisait qu'un médecin soit impliqué. Étrange logique mais imparable.

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Renji Kagami
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Dim 26 Oct - 10:21

Renji n'avait pas une idée très claire du but de l'éventreur mais il y avait de nombreuses hypothèses à son sujet mais tant que l'on ne pouvait en éliminer, on aurait aucune idée claire du réel but de ce tueur. Les trophées chirurgicaux, c'était la seule véritable piste qui pouvait faire penser à l'éventreur du Chesapeake et hélas, c'était beaucoup trop mince pour ré ouvrir le dossier malgré les quelques similitudes avec le meurtre sur lequel ils enquêtaient.

- Les organes qu'il récupère étaient plus que variés. Cerveau, foie, poumons, reins, joues, intestins, parties génitales et j'en passe. En cherchant dans les bases de données, on trouve forcément d'autres tueurs qui récupère des organes sur leurs victimes. Il suffit de prendre l'exemple de Garret Jacob Hobbs qui a fait disparaître toutes ses filles en utilisant leur corps de diverses manières. Il fabriquait des résines avec leurs os et servait la viande à sa famille. Il y a diverses manières d'utiliser les organes.

Renji savait que cela ne revenait qu'à ressasser un vieux démon tant qu'ils n'auraient rien de concluant pour prouver que le tueur était vraiment de retour et avait entamé un nouveau cycle de meurtre. Il en fallait plus pour ouvrir une nouvelle enquête sur le sujet et ils ne pouvaient considérer le tueur comme nouveau pour l'instant tant qu'il n'y aurait aucune certitude.

***

Il avala pensivement une gorgée du cappuccino en réfléchissant, tout en écoutant la réponse de Telouk. Il ne s'attendait bien sûr pas à une idée claire et précise de la part du journaliste.

- A titre personnel, j'avais envisagé la possibilité du trafic d'organes. Les organes étaient toujours retirées avec les veines cables, celles qui permettent de facilement reconnecter un organe à un autre organisme mais cela a fini par me paraître absurde. Qui irait se faire greffer une rate, des intestins ou encore un cerveau ? Est-ce un trafic d'organes qui se cache derrière l'image d'un tueur ou un tueur qui se cache derrière l'image d'un trafic d'organes ? La est toute la question.

La remarque sur le scalpel n'amenait rien de nouveau à Renji car cette hypothèse était déjà notée noir sur blanc dans le profil psychologique du tueur établi il y a deux ans.

- Il y a 100% de chances que l'éventreur ait des connaissances pointues en chirurgie. Vous avez du entendre parler d'Abel Gideon, il défraye la chronique en ce moment. Il était aussi chirurgien, on peut dire qu'il correspond au profil mais si les meurtres reprennent, il va falloir se poser des questions...

Il avala encore une gorgée du liquide sucrée tout en réfléchissant. Réfléchir à deux, ça le stimulait assez souvent. Se faire questionner sur ses hypothèses, cela lui permettait d'avancer et de trouver de nouvelles pistes. Renji voyait encore le fantôme de l'éventreur s'agiter devant eux par leur discussion. Étaient-ils sur la bonne piste ou se trompaient-ils royalement ? Seul le temps le leur dirait...
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Kaelig D. Telouk
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Lun 10 Nov - 15:55


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La violence du crime et, pire encore, les souvenirs morbides des enquêtes précédentes mais encore trop présentes rendaient Kaelig nauséeux. Un sourcil arqué et un air passablement dégoûté peint sur son visage aux traits prononcés, le journaliste revoyait les cadavres des victimes du tueur énoncé par son interlocuteur. Il n'avait pas écrit dessus ; un autre de ses collègues avait eu le sujet avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, mais cela ne l'avait pas empêché de se rendre sur les scènes de crime. Ni même de fouiner l'ordinateur dudit collègue et d'observer les clichés pris attentivement. Chaque corps l'avait un peu plus enfoncé dans un mutisme traumatisé. Chaque cadavre était venu s'ajouter à la liste de ceux croisés en Palestine. Kaelig avait fermé les yeux sans même s'en apercevoir, retenait un haut-le-cœur, retenant ses larmes. Il avait eu conscience d'avoir perdu quelque chose là-bas, sur les terres sèches de son peuple, mais il s'apercevait à présent qu'il y avait aussi laissé sa capacité à encaisser les chocs et les atrocités. Peu importe leur nature. Une main sous sa bouche, le journaliste se força à inspirer profondément avant de rouvrir les yeux pour les poser sur le légiste. Et d’acquiescer. « Voilà pourquoi je suis végétarien. Accepter de manger de la viande, c'est comme accepter le cannibalisme. » Si la remarque pouvait paraître légère, ce n'était guère son but premier. La viande, crûe surtout, lui rappelait de façon constante ces lambeaux de chaires qui avaient rapidement tapissé le sol de la Palestine. « Peut-être que votre homme veut imiter ceux qui ont fait couler autant d'encre..., » proposa-t-il. Ce n'était pas même une question, simplement une suggestion lancée à voix haute. Une réflexion de vive voix. De nombreuses possibilités s'ouvraient à eux mais de toutes, c'était probablement celle que Kaelig préférait. S'il était ordinaire d'en venir à préférer un cas de figure lorsqu'il s'agissait de meurtres d'une telle violence, l'australien ne pouvait, néanmoins, qu'admettre que l'idée de voir revenir l’Éventreur ne l'enchantait pas.

Il s'occupait de son thé, soufflant doucement à la surface de l'eau chaude dans l'espoir de réussir à le faire refroidir. Si jusqu'à présent, chacune de ses rencontres avec Kagami ne lui avait jamais rien appris de plus qu'il fallait se faire discret auprès du légiste, il découvrait maintenant la part philosophique et réflexive de l'homme. Dommage que toute cette conversation eût été faite off-record car il ne faisait aucun doute pour l'homme aux cheveux roux qu'il aurait été plus qu'intéressant d'enregistrer la conversation afin de mieux la retranscrire. Des idées étaient soulevées et Kaelig prenait quelques notes d'un air impassible. C'était davantage une aide mémoire pour lui qu'une réelle prise de note pour un quelconque scoop. Et puis, il n'était pas certain que le légiste le laisserait divulguer quoique ce soit, ce qui était bien dommage. « Au marché noir, les organes se vendent encore bien. Il suffit d'avoir les bons contacts et les bons clients mais ça fait encore son petit pactole. Sans oublier les hôpitaux qui sont toujours en demande d'organes et qui ont bien du mal à en obtenir. Les listes des demandeurs s'agrandissent de jour en jour. » Mais Kagami touchait un point crucial en demandant dans quel sens fallait-il prendre la question. Avalant une gorgée de son thé, Kaelig fronça les sourcils et reposa sa tasse sur la table. « Vous pensez que ça ne pourrait être qu'un subterfuge du tueur ? Nous lancer dans une fausse piste pour mieux nous manipuler ? » Maintenant intrigué et curieux, Kaelig se mêlait à tous ces enquêteurs, spéciaux ou non, qui tentaient de découvrir la vérité. Lui aussi voulait mener l'enquête. Lui aussi voulait apporter ses connaissances et ses capacités dans l'arrestation du coupable.
Traçant une ligne vulgaire et tordue sur son calepin à l'aide de son stylo, Kaelig relançait la conversation sur le cadavre qui sortait de son autopsie. Si Kagami refusait de le mettre dans la confidence et restait partiellement vague ou difficile à suivre dans le fait de savoir si, oui ou non, il était possible de parler d'un retour de l’Éventreur ou bien d'un simple plagieur, il ne pouvait nier que les similarités étaient plus nombreuses que les différences. Il baissa légèrement la tête, un fin sourire sur les lèvres et, avant de répondre, but de sa boisson. « Oui j'ai entendu parler d'Abel Gideon. Arrêté pour avoir tué sa famille mais il semblerait qu'il soit aussi celui qui ait fait couler le sang aussi souvent. » Il s'arrêta un court instant, marqua une courte hésitation. Comme s'il craignait que son interlocuteur ne l'envoie valser s'il osait poser la question qui lui était, d'instinct, venue fleurir sur sa langue. Finalement, il se lança. « Vous ne pensez pas que ce soit Gideon le coupable ? Qu'il soit l’Éventreur, je veux dire ? Vous me semblez... Dubitatif. » Et s'il s'interdisait de prendre des notes pour cette réponse-là, ce n'était pas pour une question d'éthique, davantage parce qu'il savait que, aussi croustillante l'information saurait être, il ne pourrait s'en servir.

© MUSCLOR.

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Renji Kagami
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MessageSujet: Re: Un nouveau cycle ~ Sujet libre au FBI (pré-Soprasatta)   Sam 17 Jan - 11:14

Le médecin légiste aux origines japonaises avala une gorgée du liquide brûlant, continuant à réfléchir. La piste du subterfuge était très intéressante mais elle s'appliquait hélas dans les deux sens et du coup, il était difficile de déterminer quel était le postulat de base à privilégier dans les recherches. Un tueur maquillant ses crimes en trafic d'organes ? Un trafic d'organes maquillant ses actions en meurtres en série ? Difficile à déterminer et ils n'avaient pas encore la certitude que l'Eventreur serait bel et bien celui derrière tout ça.

- Si c'est un tueur ou un trafic d'organes, le subterfuge est présent dans les deux cas et nous empêche de voir le pourquoi des meurtres. Seul le temps et les résultats de l'autopsie nous indiqueront s'il y a une piste à privilégier.

Renji ne fut nullement surpris par le fait que le journaliste avait rebondi sur son allusion au cas Abel Gideon. Un véritable sociopathe d'après l'évaluation psychologique du Dr Chilton et du Dr Bloom. On ne pouvait pas dire qu'ils avaient faux mais Renji avait la mince intuition que si Gideon était vraiment le tueur qu'ils recherchaient, il ne se serait pas laissé attraper aussi facilement mais hélas, il lui était aussi arrivé de se tromper. Renji ne pouvait pas le nier, il devait être objectif à chaque instant de son travail et il trouverait la solution tôt ou tard.

- Gideon est un sociopathe, froid et calculateur. Un tueur dangereux correspondant exactement au profil psychologique de l'Eventreur. Ce serait un hasard extraordinaire s'il s'avérait que Gideon n'était pas réellement ce tueur et pourtant, sa capture peut laisser circonspect. Il s'est presque laissé capturer en tuant sa famille ainsi. Je ne peux pas en dire grand-chose, je n'ai pas le dossier de l'affaire mais la presse m'a bien renseigné sur cette affaire.

Renji Kagami termina son cappuccino et dévisagea longuement le journaliste avant de se décider. Il n'avait pas d'autres choses à dire et Telouk pouvait toujours rêver pour avoir une copie de l'autopsie. Renji voulait bien partager des intuitions en tant qu'homme mais ce qui est classé ne sortirait pas des dossiers du BAU. Il se leva tranquillement.

- Si ça ne vous dérange pas, je vais devoir vous laisser. Je pense que vous connaissez la sortie et vous comprendrez que j'ai du travail. Bonne journée Mr Telouk.

Le médecin légiste s'éloigna progressivement, remâchant encore une fois les données de l'affaire. Il passerait l'info à l'un des agents de surveillance pour qu'on ne vienne pas le déranger dans son labo encore une fois. Il avait du respect pour le journaliste mais lui aussi, il devait suivre les règles du jeu. Face au crime, la société humaine doit rester organisée et ainsi, elle aura une chance de faire front...

[Si ça ne te gêne pas, on va finir la car je ne vois pas trop quoi dire d'autre. Merci en tout cas pour ce RP en ta compagnie ^^]
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