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 Services, Doutes et Instabilités

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MessageSujet: Services, Doutes et Instabilités   Mer 30 Avr - 21:20

Lucy attendait devant la porte de la maison de Bedelia Du Maurier, une ancienne psychiatre qui avait arrêté ce travail à cause d'un problème lié à un patient. C'était, du moins, ce qu'avait dit son supérieur. Son supérieur qui avait, tout de même, réussi à convaincre Madame du Maurier de recevoir Lucy.

Celle-ci n'avait pas vraiment eu le choix, son chef l'avait convoqué et lui avait annoncé cette nouvelle d'un certaine manière visant à lui faire comprendre qu'elle ne pouvait refuser.

Elle lui était, cependant, reconnaissante de ne pas lui avoir cacher la raison de ces rendez-vous. Il lui avait expliqué, d'une façon plutôt claire et simple, qu'il voulait vérifier qu'elle n'était pas instable vu toute les épreuves qu'elle avait traversé. Il savait qu'elle avait déjà était voir des psychiatres, peu de temps après la mort de son frère là aussi une décision prise par ses supérieurs, mais à sa connaissance, elle n'en n'avait pas rencontré récemment.

Elle se trouvait donc là devant la porte de Madame du Maurier, l'idée de voir un psychiatre qui allait, sans doute, tout raconté à son chef ne lui plaisait plaisait pas vraiment mais elle ne pouvait y échapper. Elle devait donc faire semblant et donner l'illusion que tout allait bien. Après le fait d'avoir des connaissances en commun pouvait être problématique mais Lucy ne pensait pas que c'était le cas et ne craignait donc pas grand chose en allant la voir.

Maintenant, elle reconnaissait qu'elle n'était pas stable mais son travail était peut-être la dernière chose qui l'empêcher de sombrer et elle ne voulait donc pas le perdre. Puis elle ne pensait pas qu'un psychiatre puisse la comprendre alors cela ne lui servirait vraiment à rien de lui dire ce qu'elle ressentait.

Lucy frappa à la porte et recula d'un pas en attendant que la femme ouvre la porte même si elle préférait l'idée qu'elle soit, malheureusement, absente.
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Bedelia Du Maurier
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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Ven 2 Mai - 18:33

    Un coup de fil. Il a fallu une seul coup de fil pour modifier tout ce que j’avais prévu pour aujourd’hui. A l’autre bout du combiné, un capitaine de police. Moi qui sortais juste d’une séance avec mon collègue le Dr Lecter, je dois avouer avoir été un peu prise de court par les évènements. Le policier avait donc contacté la psychiatre qui était en moi en me proposant un marché. Malgré le fait que j’étais à la retraite, il était au courant que je prenais des patients… Et estimait qu’il s’agissait là de travail au noir. Pour digérer la nouvelle, je bus une gorgée de rouge dans le verre que je tenais dans ma main opposée. Il est vrai que ce n’est pas extrêmement légal, mais si je stoppais net mon activité professionnelle, l’homme pouvait être sûr que soit je quitterais le pays, soit je m’empoisonnerais en prenant des médicaments avec le meilleur cru de ma cave.

    Mais voilà, il le savait. Et il m’annonça qu’il avait besoin de mes services afin d’examiner l’une de ses recrues, une certaine Lucy Ozarius. Il souhaitait avoir un avis professionnel sur sa stabilité d’esprit, fondamental dans un domaine dans lequel on pouvait voir des crimes atroces ou être traumatisé par des serial-killers. Je n’avais pas vraiment d’autre choix que d’accepter, même si cette rencontre était quelque peu inopinée et décalait mon programme du jour.

    La jeune femme ne tarda pas à arriver, ce qui me surprit un peu je dois dire. Moi qui étais plongée dans ma lecture, je dus délaisser l’œuvre de Bradbury et quitter mon cocon de connaissance pour accueillir et connaitre cette fameuse Ms Ozarius. Sa stature laissait transparaître une certaine méfiance, typique des agents du FBI. Je voyais clairement qu’elle ne venait pas chez moi de gaité de cœur et que si elle avait pu, elle aurait passé son après-midi autrement.

    Mais que m’importait. Elle allait être ma patiente, qu’elle le veuille ou non. Mon visage affichait un sourire de façade, comme à mon habitude, tandis que j’invitais poliment mon éphémère patiente à entrer d’un mouvement de bras, tel un réflexe, une chorégraphie apprise par cœur au fil de mon expérience.

    « Ms Ozarius, je présume ? Entrez, je vous en prie. »

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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Ven 2 Mai - 19:59

La porte s'ouvrit et Bedelia du Maurier apparut. Celle-ci accueillit Lucy avec un sourire et un geste du bras qui l'incitait à entrer. Elle se demandait combien de fois la femme avait du faire ce simple geste pour accueillir ses patients. Et le sourire était-il sincère ? Ou était-il une illusion qu'elle avait appris à force de travailler en tant que psychiatre.
-
Ms Ozarius, je présume ? Entrez, je vous en prie
.

Lucy lui sourit à son tour.

-En effet. Alors vous êtes Madame du Maurier, je suis ravie de vous rencontrer.

Elle entra dans la maison, se retourna vers Bedelia, et se demanda si le femme avait compris qu'elle aurait préféré être ailleurs.

-Comme vous devez le savoir, c'est mon supérieur qui m'a envoyé ici. Mais je tiens à ce que vous sachiez que je suis, sincèrement, désolée de venir ainsi vous importuner et j'espère ne pas trop vous déranger.

Elle regarda, un peu mieux, le lieu où elle se trouvait et constata qu'une seule porte était ouverte et se dirigea donc vers cette pièce. Elle aperçut le livre et laissa échapper un léger devant le nom de l'auteur.

-D'ailleurs, comment mon chef a-t-il bien pu vous persuader de me recevoir ? Je crois que vous avez pourtant arrêté de travailler non ?

Lucy n'était pas intéressée, du moins, pour ce qui concernait la raison qui avait poussé Bedelia à accepter la demande de son boss. Elle voulait par contre savoir quelle était le petit problème avec le patient qui l'avait poussé à arrêter son travail, mais elle ne pouvait demander cela directement, ce serait extrêmement grossier comme elles se connaissaient à peine.
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Bedelia Du Maurier
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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Sam 3 Mai - 19:56

    « Comme vous devez le savoir, c'est mon supérieur qui m'a envoyé ici. Mais je tiens à ce que vous sachiez que je suis, sincèrement, désolée de venir ainsi vous importuner et j'espère ne pas trop vous déranger. »

    La politesse. C’était une qualité à laquelle je dois avouer être assez sensible. La jeune femme avait une franchise qui me plaisait. Je n’étais pas habituée à un tel manque de distinction, mais cela ne me gênait pas plus que cela. Mes anciens patients prenaient toujours un air snob et supérieur dès que je leur ouvrais la porte massive de chez moi, un peu comme si, tel M. Jourdain, ils étaient de simples bourgeois qui voulaient imiter la dignité des nobles. Non pas que je moque d’eux, mais leur comportement était tellement joué qu’ils n’étaient pas crédibles le moins du monde.

    « Ne vous inquiétez pas pour cela. »
    Lui répondais-je tout aussi poliment.

    J’observais le jeune agent du FBI déambulait dans mon intérieur, jusqu’à trouver une porte ouverte et s’y engouffrer comme une nouvelle terre qu’elle était impatiente d’explorer dans les moindres recoins. Malheureusement, il ne s’agissait pas de la bonne pièce puisque la jeune femme avait pénétré dans ma bibliothèque, mon fameux cocon de connaissance, le seul endroit du monde assez silencieux et confortable pour que j’apprécie une lecture approfondie des différentes œuvres que je possédais et que je continuais à acheter au fil de mes coups de cœur.

    J’avais remarqué que cette Ozarius avait tiqué sur le nom de l’auteur de l’ouvrage que j’étais en train de parcourir jusqu’à son arrivée. Je ne pus m’empêcher de poser la question, comme pour éviter de répondre à son interrogation sur la raison pour laquelle j’avais accepté de la recevoir sur l’appel de son supérieur hiérarchique.

    « Disons que je n’ai pas pu refuser. Vous aimez Ray Bradbury ? »

    Néanmoins, je n’allais pas passer la séance avec ma nouvelle patiente dans ma bibliothèque. Je lui proposai donc de changer de pièce, et ainsi de s’installer dans le fauteuil des patients tandis que je m’asseyais moi-même dans le siège d’en face. Sans prendre ni carnet ni stylo, je lui demandais :

    « Dites-moi, Ms Ozarius. Quelle est la raison pour laquelle vous êtes venue ici ? »

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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Sam 3 Mai - 20:42

- Disons que je n’ai pas pu refuser. Vous aimez Ray Bradbury ?

Lucy remarqua que la psychiatre avait soigneusement évité la question pour en poser une autre, comme celle-ci concernait l'auteur Bradbury, elle se doutait que Bedelia avait vu son sourire.

- Oui en effet. Je trouve que la science-fiction est un genre très intéressant.

La psychiatre lui montra le chemin vers la salle où allait avoir lieu la séance. Elle attendit quelques instants et s'assit lorsqu'elle l'invita à le faire. S'assoir sans attendre cela aurait été terriblement malpolie.

Bientôt, la partie difficile commença.

-Dites-moi, Ms Ozarius. Quelle est la raison pour laquelle vous êtes venue ici ?

Elle regarda la psychiatre qui était devant elle, elle n'avait pris ni carnet, ni stylo. Voulait-elle tout retenir de tête ? Ou bien voulait-elle prendre des notes que si les choses devenaient intéressante ?

- Je crois bien que c'est à cause de mon passé. Je pense que le plus gros problème est mon frère.

Sa voix, sa façon de se tenir, rien à part ses yeux ne la trahissait. Elle ne devait pas paraitre triste. Non, elle ne le pouvait. C'était impossible alors que ses collègues, ses supérieurs et son propre père l'avait félicité pour avoir fait son "travail".
Donc, sa voix ne tremblait pas et elle restait immobile. Mais ses yeux, elle ne savait empêcher se voile de tristesse qui était apparut. Elle espérait qu'elle ne le remarquerait pas. Pour l'instant personne ne l'avait fait enfin Lucy pensait plus qu'il ne voulait pas le voir et qu'il faisait donc comme ci il avait rêvé. En même temps, qui serait attristée par la mort d'un tueur ?

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Bedelia Du Maurier
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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Sam 3 Mai - 21:12

    « Oui en effet. Je trouve que la science-fiction est un genre très intéressant. »

    C’était un début. J’ajoutai cette information rapidement sur la fiche mentale concernant la jeune femme et attendais un peu de matière à réflexion. Après tout, un membre du FBI avait dû subir plusieurs traumatismes durant certaines enquêtes, et si le capitaine m’avait demandé de tester la stabilité de Lucy Ozarius, c’était pour une bonne raison. Avait-il peur qu’elle craque ? En tout cas, c’est ce que je n’allais pas tarder à découvrir.

    « Je crois bien que c'est à cause de mon passé. Je pense que le plus gros problème est mon frère. »

    Eh bien, elle avait l’air de savoir le point de départ de tout ceci, son instabilité ou peu importe comment l’appeler. Le plus souvent, et d’autant plus durant la première conversation avec leur psychiatre, les patients ont plutôt tendance à se renfermer sur eux-mêmes, à ne pas trop se dévoiler, de peur d’être jugés, ou que leurs barrières tombent trop vite. Mais là encore, la brune se démarquait : elle savait exactement où ses problèmes psychologiques venaient, et cela allait faire gagner un temps précieux à chacune de nous.

    « Que s’est-il passé, Ms Ozarius ? »

    Son corps semblait être sous un contrôle total, et cette attitude était typique des agents du FBI. Une rigidité et une droiture physique qui généralement témoignait d’une certaine stabilité psychologique. Mais son regard avait quelque chose que je connaissais bien : de la tristesse. Je voyais bien que la jeune femme avait une certaine peur de perdre le contrôle de son propre corps, et de laisser les émotions l’emporter sur la raison. Néanmoins, je suis une psychiatre, et dans mon métier, il est capital de savoir décrypter le langage non-verbal ; Car notre corps nous trahit toujours quand nous essayons de mentir ou de garder le contrôle. Cette histoire avec son frère promettait d’être tragique, et peut-être était-ce la racine de tous les problèmes de la brune.

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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Dim 4 Mai - 15:33

Lucy se demandait si la femme avait remarqué des changements dans son attitude même si l'agent du FBI ignorait, elle même, si elle avait fait des erreurs.

-Que s’est-il passé, Ms Ozarius ?

Lucy voulait en finir vite alors elle décida de rentrer dans le vif du sujet. Son frère était le problème et elle devait mentir à son sujet pour que l'on se sache pas qu'elle avait, également, un côté sombre bien dissimulée derrière quelques sourires.

- Mon frère est mort. Cela remonte à sept ans désormais.

Ce n'était pas sur sa mort qu'elle devait mentir.

-C'est moi qui l'ai tué.

Lucy se leva doucement pour aller à le fenêtre, elle avait peur qu'un geste ou qu'une façon de parler la trahisse et elle ne pouvait que s'éloigner un peu de la psychiatre pour essayer de le cacher.

-Je travaillais sur une enquête d'un tueur et je faisait le tour de plusieurs maisons. Je suis arrivée devant où la porte était ouverte, j'ai appelé mais personne n'a répondu. Je suis donc entrée et il était là. Il venait de tuer une femme, j'ai levé mon arme mais il avançait trop vite, beaucoup trop vite. J'ai tiré et il est mort.

Tout en parlant, Lucy revoyait la scène sous ses yeux et sa voix avait légèrement tremblé en prononçant le dernier mot.

Pour l'instant, elle avait dit que la vérité et cela allait changé bientôt. Elle prit une inspiration et se tourna vers Bedelia pour dire ces derniers mots.

-Mon frère était un monstre et je sais que je n'ai fait que mon travail.

Non, à ses yeux, le monstre, c'était elle. Elle avait tué son propre frère et elle souillait sa mémoire en l'appelant ainsi. Il avait des choses horribles mais elle ne pouvait s'enlever l'image qu'elle avait de lui comme un gentil petit frère.

Il était la personne la plus importante pour elle et il l'était, sans doute, toujours malgré qu'il soit mort.

Lucy regrettait d'avoir tué son frère mais elle ne pouvait le dire. Tout le monde l'avait félicité et lui avait dit qu'elle avait fait du bon travail. Alors, elle faisait croire qu'elle pensait pareille. Mais, cette mort, la rongeait à petit feu et toutes les nuits, elle se réveillait, en sursaut, se revoyant lui tirer dessus.

Depuis sept ans, elle n'avait pas eu de repos. Ne cessant de penser à lui et au mal qu'elle avait fait. Elle n'était jamais tranquille même dans ses rêves.

Lucy voulait que tout s'arrête mais elle ne savait si son idée allait marché et n'osait pas encore la tenter.
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Bedelia Du Maurier
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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Dim 4 Mai - 17:09

    « Mon frère est mort. Cela remonte à sept ans désormais. C'est moi qui l'ai tué. »

    E ne peux pas vraiment dire que cette première révélation fut très surprenante. Des trémolos dans la voix, ce regard si creux… Des signes caractéristiques de la mort dans toute sa splendeur. La jeune femme n’osait pas craquer, et savait exactement à qui elle avait affaire en venant chez moi. Une psychiatre, c’est-à-dire quelqu’un qui cherchait du sens à chaque battement de cœur raté, chaque micro-expression qui pourrait en dire tellement plus que mille mots. Cela ne devait pas être la première fois qu’elle consultait, ce qui voulait dire qu’elle était suivie par l’un de mes confrères. Heureusement que la brune n’était pas lâchée seule dans la nature dans l’état dans lequel elle était, car elle avait tellement refoulé de sentiments que je n’osais même pas imaginer ce qu’elle peut bien voir dans ses rêves la nuit.
    D’un mouvement rapide, ma patiente du jour se leva pour ne s’arrêter jusqu’à la fenêtre. Pour ma part, je me tins debout, le bras simplement posé sur le haut de l’assise de mon fauteuil, restant à distance de l’agent afin de ne pas la brusquer. C’était une réaction assez inhabituelle chez les personnes ordinaires, mais assez fréquente pour ce qui est des militaires ou des policiers. Rester neutre, rester fort et garder son sang-froid en toutes circonstances… Même pendant une séance chez le psychiatre. Elle allait se confier, de sorte que j’obtienne des paroles, et non pas des mouvements corporels qui risquerait de la dévoiler plus qu’elle ne le voudrait.

    « Je travaillais sur une enquête d'un tueur et je faisais le tour de plusieurs maisons. Je suis arrivée devant où la porte était ouverte, j'ai appelé mais personne n'a répondu. Je suis donc entrée et il était là. Il venait de tuer une femme, j'ai levé mon arme mais il avançait trop vite, beaucoup trop vite. J'ai tiré et il est mort. »

    Surprenant. Oui, car la majorité des cas font un blocage sur l’objet de leur traumatisme. Une marque d’émotion, un frisson, leurs corps réagissent, allant du cauchemar aux hallucinations. La jeune femme quant à elle s’était confiée ainsi, et j’ai cru discerner un léger tremblement de voix dans son discours, juste assez pour que je comprenne qu’il ne s’agissait pas là d’un mensonge.

    « Mon frère était un monstre et je sais que je n'ai fait que mon travail. »

    Ses yeux clairs me fixaient étrangement, comme si elle essayait à la fois de me convaincre, mais également d’y croire elle-même. D’ailleurs, cette phrase resta dans ma mémoire comme étant la plus étonnante. Après tout, ce ‘je n’ai fait que mon travail’ sonnait faux. Une phrase toute faite, que le FBI en particulier ressort à toutes les sauces à propos de toutes les affaires. Mais les agents étaient des êtres humains, avec des sentiments et des ressentiments. Le fait d’avoir tué quelqu’un, même en cas de légitime défense, reste gravé dans la mémoire et dans le cœur de celui ou celle qui a tiré. Je lançai pour rassurer la brune :

    « Il était un être humain. Vous êtes humaine vous aussi. Je suis parfaitement consciente que dans le cadre de votre emploi, vous vous devez de faire abstraction de toute émotion. Mais à présent, dans cette pièce, vous n’êtes plus en service, Ms Ozarius. Dites-moi, qu’avez-vous ressenti en tirant ? »

    Tuer un inconnu, c’est difficile, mais pour un agent du FBI, il s’agissait d’une routine – même si je voulais bien croire qu’ils essayaient de limiter les dommages collatéraux. Néanmoins, dans le cas de Lucy Ozarius, il y avait un petit rien qui faisait toute la différence : les sentiments. Et ceux-ci sont encore plus puissants que l’État : ils sont capables de nous ronger de l’intérieur, et de nous hanter jusqu’à la fin de nos jours. Un frère est quelqu’un de très proche, quelqu’un avec qui – je supposais – la jeune femme avait partagé des choses, des souvenirs plus ou moins agréables. Et c’était cela son véritable traumatisme.

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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Dim 4 Mai - 20:27

- Il était un être humain. Vous êtes humaine vous aussi. Je suis parfaitement consciente que dans le cadre de votre emploi, vous vous devez de faire abstraction de toute émotion. Mais à présent, dans cette pièce, vous n’êtes plus en service, Ms Ozarius. Dites-moi, qu’avez-vous ressenti en tirant ?

Lucy regardait étrangement la psychiatre, ce qu'elle avait dit la surprenait. "Il était un être humain" elle n'avait l'habitude d'entendre cela. C'était pourtant quelque chose d'assez évident pour elle. Il avait des sentiments tout comme elle. La psychiatre disait-elle cela pour la rassurer ou pensait-elle vraiment qu'il n'était pas un monstre ? Voilà ce que raisonnait Lucy grâce aux paroles de la psychiatre. Puis la réalité là rattrapa.

- Un être humain ? Vous ne savez pas tout ce qu'il a fait.

Pour elle, il s'agissait de ça. La psychiatre ne savait pas exactement ce que Chris avait fait. Ce mannequin en membre humain, non la psychiatre le considérait aussi comme un monstre si elle savait ça.

Mais il y avait dans sa voix, comme un appel au secours. Elle voulait qu'on la comprenne, qu'on sache que son frère avait été aussi quelqu'un d'incroyablement gentil. Mais, elle avait tellement vu de personne rejetant Chris qu'elle ne pouvait faire croire qu'elle trouverait enfin une personne qui la comprendrait.

Lucy s'assit à nouveau dans le fauteuil et baissa les yeux pour ne pas affronter le regard de Bedelia.

Elle n'allait pas mentir pour la question, ce n'était pas nécessaire de mentir sur ce qu'elle ressentait avant. Non, elle ne pouvait pas dire le vérité si cela concernait ce qu'elle ressentait maintenant.

Et puis, peut-être bien qu'elle allait l'aider alors autant être sincère.

- J'ai eu l'impression de tout perdre. C'était comme-ci, je tirais sur moi-même. En à peine quelques minutes, j'ai tout perdu. Il était tout pour moi.

Lucy réalisa qu'elle en avait peut-être trop dit.

- Enfin, c'était il y a longtemps. Les choses on changé maintenant.

Ces paroles sonnaient faux et elle le savait mais rare était les personnes qui le remarquait. Même si elle savait que la psychiatre devait en faire partie, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'elle ne le révèlerait pas. Elle était là puisque son supérieur l'avait envoyé et elle avait peur de perdre son travail, c'était, sans doute, la dernière chose qui la retenait de sombrer définitivement dans la folie.
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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Dim 25 Mai - 14:41

    - Un être humain ? Vous ne savez pas tout ce qu'il a fait.

    Je ne pouvais croire que l’agent considérait son frère comme étant un monstre. Généralement, les membres d’une même famille se soutiennent. Cela était très surprenant de la part de la jeune femme de faire un portrait de l’homme qui partageait le même sang qu’elle. Elle avait forcément vu l’état d’esprit de son frère, eu des souvenirs d’enfance avec lui, partagé des moments inoubliables avec lui. Son ascension, sa chute.

    « Dites-moi alors. » Lançai-je calmement.

    Je me demandais vraiment qu’est-ce qui avait poussé la jeune policière à appuyer sur la gâchette. Etait-il un serial-killer ? Un psychopathe ? Il devait s’en être pris à sa propre famille, ou quelqu’un qui comptait pour Ms Ozarius. Un élément déclencheur, c’était cela qu’il fallait trouver afin de cerner le traumatisme de la brune.

    - J'ai eu l'impression de tout perdre. C'était comme-ci, je tirais sur moi-même. En à peine quelques minutes, j'ai tout perdu. Il était tout pour moi.

    Ah, enfin. La vérité, c’était tout ce que je demandais. Je savais que son frère comptait pour la jeune femme ; C’était évident. Comment aurait-ce pu être autrement ? Mais la jeune femme se rattrapa :

    - Enfin, c'était il y a longtemps. Les choses ont changé maintenant.

    Le temps efface bien des choses, mais il ne fallait pas me prendre pour une idiote. Je savais ce que cela faisait de tuer quelqu’un, même s’il était vrai que dans mon cas, il ne s’agissait pas de quelqu’un qui partageait mon sang. Malgré les années, je pouvais cacher mes émotions derrière mon masque de glace évidemment, mais le soir venu, le traumatisme revenait à grands coups de cauchemars.

    « Comment ces choses sont-elles changées? »
    Demandai-je d’un ton calme mais néanmoins curieux.

    Tout ce qu’elle me disait allait rester confidentiel, et je n’avais pas l’intention de m’étendre plus qu’il n’en faut sur le diagnostic que j’allais livrer au supérieur de la jeune femme. Il n’avait pas besoin de tout savoir dans les moindres détails, mais seulement si Ms Ozarius était en état d’affronter d’autres criminels sans hésiter à appuyer sur la gâchette. Mais personne ne peut prédire le comportement d’une traumatisée, ni un psychiatre ni la personne concernée elle-même.


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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Ven 30 Mai - 20:08

La psychiatre avait, sans doute, comprit que Lucy mentait et peut-être cherchait-elle la raison de ses mensonges désormais.

-Comment ces choses sont-elles changées?

L'agent du FBI doutait réellement que ses explications pouvaient l'aider elle-même et au contraire le mettre dans une situation délicate mais pourtant elle avait décidé de dire la raison de ce "changement", du moins en partie, et elle espérait que la femme n'avait pas prévu de tout raconter à son supérieur.

- Tout le monde ... Tout le monde considère Chris comme un monstre, mes collègues, mes "amis et ma propre famille. Je n'avais pas le choix, je devais considérer mon frère comme une chose abominable et je le dois encore et ce sera toujours comme ça. Je ne peux rien face à un père qui me félicite d'avoir tué son fils, forcément j'ai de très bons souvenirs avec mon frère et peut-être que je le considérai comme un monstre de mon plein grès s'il m'avait aidé. Ce serait tellement plus facile de haïr Chris si père m'avait insulté et m'avait hurlé que ce que j’avais fait était inhumain mais lui il m'a félicité et il m'a dit que ... que ce n'était pas grave.


Lucy avait gardé cette voix dépourvu d'émotion qu'elle savait si bien faire et le discours qu'elle venait de faire semblait assez étrange à cause de cela. Après, elle avait tout de même menti, Lucy avait dit qu'elle haïssait son frère, malgré que ce soit forcé, mais c'était faux, elle ne faisait que semblant devant toutes les personnes qu'elle rencontrait. Mais, elle ne pouvait s'empêcher de le voir comme son chère petit frère toujours souriant et gentil, elle avait partagé avec lui trop de merveilleux souvenirs pour le renier de sa vie si facilement.

- Madame Du Maurier, comment ? Comment un père ne peux ne pas en vouloir à l'assassin de son fils ?

Une question où elle n'avait toujours pas trouvé de réponse, peut-être que la psychiatre lui en apporterait pour ce sujet-là. Son père ... elle ne lui avait plus jamais parlé depuis ces mots qu'il avait prononcé, il lui avait pardonné la mort de Chris et Lucy ne pouvait l'accepter.


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MessageSujet: Re: Services, Doutes et Instabilités   Ven 11 Juil - 22:56

  • - Tout le monde ... Tout le monde considère Chris comme un monstre, mes collègues, mes "amis’’ et ma propre famille. Je n'avais pas le choix, je devais considérer mon frère comme une chose abominable et je le dois encore et ce sera toujours comme ça. Je ne peux rien face à un père qui me félicite d'avoir tué son fils, forcément j'ai de très bons souvenirs avec mon frère et peut-être que je le considérai comme un monstre de mon plein gré s'il m'avait aidé. Ce serait tellement plus facile de haïr Chris si père m'avait insulté et m'avait hurlé que ce que j’avais fait était inhumain mais lui il m'a félicité et il m'a dit que ... que ce n'était pas grave.

    Son père. Figure d’autorité par excellence, il a dû être capital pour la jeune femme si son opinion est plus importante que les sentiments de Lucy. D’après les propos de la jeune femme, son père avait l’air droit et fait étonnement passer les intérêts de la population générale plutôt que l’unité de sa famille, ce qui me fait penser à la figure du militaire par excellence. Mais je n’étais pas là pour analyser le père de Lucy.

    - Madame Du Maurier, comment ? Comment un père peut ne pas en vouloir à l'assassin de son fils ?

    Grande question. N’importe qui en deuil d’un enfant chercherait à tout prix à vouloir retrouver le malfaiteur voire à le tuer pour seul motif la vengeance. Dans la grande majorité des cas, les parents à qui ce genre de tragédie arrivent sont totalement traumatisés et instables. Mais ce père était différent. Tout d’abord, c’est sa fille qui avait tué Chris ; Il n’a donc pas eu à la chercher. Puis la jeune femme avait tiré dans l’exercice de ses fonctions, et donc cela faisait partie du métier. Et pour finir, sans psychanalyser ce père qui n’est pas présent et dont je ne sais pas grand-chose, je pensais que pour cet homme, Chris était déjà un fils indigne, à cause de toutes ces atrocités qu’il avait commises. En le tuant, Lucy avait protégé la ville d’un dangereux criminel si l’on suivait son raisonnement.

    « Peut-être ne considérait-il plus Chris comme son fils ? » Répondis-je calmement, avant d’ajouter : « Je veux dire, votre père semble posséder un sens du devoir civique certain. Il fait passer la société avant sa famille ; Par conséquent, à ses yeux, vous n’avez pas pu tuer votre frère puisqu’il était déjà mort dès l’instant où il a basculé dans la criminalité. En ce sens, vous avez rendu service à la population en éliminant un individu potentiellement dangereux. Vous avez protégé Baltimore, et c’est pourquoi il est si fier de vous. »

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