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 No, I'm not afraid....

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MessageSujet: No, I'm not afraid....    Sam 25 Jan - 21:38

Il était midi à peine et Alana ne voulait pas manger seule. Cela arrivait parfois, une envie de bruit et de fureur, comme un coup de Faulkner dans le sang. Ca ne s'expliquait pas, c'était propre à l'être humain, un jour aussi sociable qu'un ours et le lendemain.... Qu'importe, la jeune femme savait s'organiser pour ne pas ressentir une quelconque solitude, elle qui pourtant clamait vouloir vivre seule. Il n'était jamais bon de s'intéresser aux paradoxes d'Alana Bloom, la jeune femme n'hésitant pas à sortir les griffes et mener bataille pour défendre son monde de vie. D'une certaine manière, il y avait quelque chose de tragique en elle, quelque chose que la jeune femme ne parvenait à voir, du moins pas en cet instant précis. Peut-être que des tragédies à venir y changeront quelque chose, peut-être que le bleu de ses yeux deviendra alors noir de nuit...Il y a tant à détruire après tout dans une vie.

Mais encore au printemps de ses rêves et pensées, Alana ne songeait pas à ce qui pouvait ou non la frapper. Les yeux sur sa montre, la jeune femme se demandait plutôt quel restaurant lui servirait de cantine/plaisir coupable ce midi, selon le temps de sa pause. Elle ne donnait pas de cours aujourd'hui, mais avait à remplir un nombre incroyable de paperasseries pour bien faire valoir son statut professionnel ainsi que les assurances auquel elle pouvait ou non postuler pour ses consultations bénévoles au FBI. Epuisante psychologiquement pour la simple et bonne raison que la moindre erreur faisait que l'on se voyait renvoyé le dossier à la tronche pour tout recommencer, la tâche lui demandait une journée complète, délai qui ne pouvait pas être agrandi pour ne pas qu'Alana soit en retard dans ses cours.

Non vraiment, un restau lui ferait du bien. Une bière aussi mais étant venue en voiture, il serait dangereux de se faire retirer son permis. Ô joie... Pour la peine, elle prendrait du dessert ! Son choix se porta vite sur une petite brasserie d'assez bon standing à la française qu'elle s'était toujours jurée de tester. Un serveur habillé en pingouin la mena bien vite à sa table, le restaurant état peu plein et le murmure des conversations formait un fond sonore agréable et peu encombrant. A sa droite, Alana avait une plante verte sûrement à feuilles grasses qu'elle se sentait bien incapable de nommer. Et a sa gauche, quelqu'un de caché par le menu consulté, parfait assez de bruit pour ne pas déprimer et assez d'espace pour ne pas étouffer.

On lui apporta bien vite une carafe d'eau, elle commanda le plat du jour et se détendit enfin sur le dossier de sa chaise. Ce soir, bain chaud et gros pavé en lecture, elle l'aurait bien mérité. Demi sourire aux lèvres, même si Alana ne pensait à rien en particulier, la jeune femme se perdait dans des songes sans sens ni image, à peine quelques émotions pour venir l'effleurer. Le simple bonheur de manger en étant affamée, de se reposer après un travail, de profiter de la vie, elle qui en avait encore tellement plein à revendre. Il fallait apprendre à chérir ces moments là, n'est-ce pas ?

Portant un verre d'eau à ses lèvres, Alana remarqua que sa voisine de table avait désormais émergé de derrière le menu et que...

 « Do...Docteur Du Maurier ? »

Il faisait froid d'un coup là non ? Aussitôt Alana porta la main à son chemisier pour le boutonner jusqu'au col. Bedelia faisait souvent cet effet là dans le sens Comtesse-Cruella-un-peu-de-décence-mademoiselle !
Et si pour d'autres, la jeune femme se fichait des remarques, Bedelia possédait trop de classe et de charisme pour ne pas se faire ignorer Sans compter son talent et ses idées qui, bien que d'un autre âge (mais comme la femme en elle-même, ceci dit), méritaient d'être salués.

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Bedelia Du Maurier
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MessageSujet: Re: No, I'm not afraid....    Dim 26 Jan - 16:30

    Oh génial. Cette journée commençait vraiment bien. Je n’aurais jamais dû boire autant hier soir. Mais j’étais tellement choquée de la nouvelle que la bouteille de whisky que je garde en cas de coup dur y était restée. Je ne pouvais pas le croire. Le Dr Chilton était donc mort ? Et si jamais quelque serial killer s’en prenait à tous les psychiatres de la ville ? Je serais en danger aussi ? Je devais évoquer le sujet en compagnie du Dr Lecter. En tant que confrère – et donc concerné lui aussi – il serait préférable que nous aidions le FBI à démasquer ce tueur au plus vite. Et pour cela, j’allais moi-même mener ma petite enquête… Après tout, si jamais je découvrais quelque chose d’important pour l’investigation, je serais rassurée plus vite. Mais pour cela, je devais sortir dehors. Je pris alors un grand verre et le remplis d’eau, avant d’y plonger un cachet d’aspirine pour cette ‘gueule de bois’ comme la plupart des gens nomment cette sensation immonde.

    Une fois apprêtée comme à mon habitude, je choisis de me vêtir d’une chemise en soie bleue nuit ainsi que d’une jupe noire. Je ne voulais pas paraître en deuil, mais je n’allais tout de même pas arborer de vives couleurs alors que je venais de perdre un ami – qui, sans doute, n’allait pas être le seul. Il me fallait quelque chose pour me changer les idées, histoire de relever un peu le niveau de mon moral car aujourd’hui ce n’était pas vraiment ça.

    Et pourquoi ne pas commencer par une exposition d’art ? La galerie était ouverte ce matin, et je doutais qu’il y ait énormément de monde. Tant mieux. Je déambulais donc à travers les œuvres, certaines inédites, certaines moins, mais toujours très intéressantes de mon point de vue. Je n’avais pas croisé Aleera ; Tant pis, ce sera peut-être pour une prochaine fois. Il n’était que dix heures quand je sortis de l’imposant bâtiment. Qu’allais-je faire durant deux heures ?

    Alors, ne sachant quoi faire d’autre, j’errais dans les rues goudronnées de Baltimore, croisant çà et là quelques anciens patients qui me demandaient quand j’allais reprendre mon activité. Et à chacun je répondais toujours : « Qui sait ? ». C’est vrai, ça, qui sait ? Je ne pourrais jamais être la même qu’avant mon agression, soyons honnêtes. Mais pour l’instant, je me reconstruisais, pierre par pierre, brique par brique. Tout ce dont j’avais besoin, c’était du temps. Et en ce qui concernait cette matinée, j’en possédais tellement que je ne savais quoi en faire. C’est seulement quand je passais devant la boutique de vêtements où j’avais l’habitude de faire mes achats que j’eus une idée. J’avais envie d’une nouvelle tenue.

    Le vendeur me connaissait bien, depuis le temps que j’étais cliente. Il connaissait mes goûts vestimentaires et me guida directement vers de nouvelles choses qui, je dois l’avouer, m’ont beaucoup plus. Je craquai devant une petite robe droite aubergine, en soie. Elle serait parfaite pour une sortie musicale ou encore pour l’un des ennuyants repas professionnels. Je la commandais donc à mes mesures et le couturier s’empressa de planter des aiguilles aux points de retouche du tissu. Je préférais porter du sur-mesure que du prêt-à-porter ; Question d’élégance. Quand il me dit de revenir dans l’après-midi, je me trouvais bien embêtée.

    Je n’allais tout de même pas rentrer chez moi pour manger et revenir plus tard, ce serait du temps gâché. Alors je regardais au travers de la vitrine s’il y avait un restaurant aux alentours. Il s’avérait qu’il ne s’agissait d’une simple petite brasserie, française d’après ce qui était fièrement arboré sur la façade. Je pris alors la décision de passer le repas de midi dans ce bar qui, je l’espérais, n’allait pas me décevoir. Pas aujourd’hui.

    Dès que je passais le pan de la porte, je fus ravie de constater l’élégance des serveurs. Un bon point pour l’établissement. Il n’y avait pas beaucoup de monde, et le cadre était assez agréable. J’avais le sentiment d’avoir bien fait de choisir ce lieu. Installée à une table près d’une plante, on m’apporta une carafe d’eau et disposa pour aller chercher le menu. Tandis que je choisissais avec soin ce que j’allais déguster, j’entendis quelqu’un prendre place à ma droite. Sans chercher le moins du monde à paraître discrète, je relevai le regard de derrière le papier, histoire de voir à qui j’allais avoir affaire. Et si c’était le tueur ? Non, il ne frapperait pas dans un lieu public, et encore moins en plein jour. Quand je vis qu’il s’agissait du Dr Alana Bloom, elle semblait aussi surprise que moi. Je remarquais, non sans une certaine fierté, qu’elle reboutonna son col. Elle n’avait donc pas oublié ma remarque. J’affichais un sourire discret en coin et lançai :

    « Bonjour Dr Bloom. »
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MessageSujet: Re: No, I'm not afraid....    Lun 27 Jan - 13:53

Le dragon ne semblait pas prêt à mordre pour une fois et maintenant que l'échange de civilités avait été fait, Alana n'eut aucun scrupules à se détourner de l'autre femme. Un esprit brillant, Bedelia Du Maurier, mais d'un autre temps. La jeune femme avait appris la psychologie d'une manière différente et sa propre façon de penser suivait les évolutions de l'époque quant au rôle tout à la fois du psychiatre et du professeur. Opposée à Bedelia dans sa façon de faire jusque dans la manière de pratiquer, Alana savait qu'elle ne pouvait apprendre grand chose de son estimée collègue.... et inversement.

Songeuse, la jeune femme prit le temps de se servir un verre d'eau et de boire un peu. Elle avait parfois eut à voir Bedelia et Hannibal dans un même contexte, à un congrès par exemple du temps où l'autre femme exerçait encore pleinement ses fonctions. Alana s'amusait alors à analyser ces deux personnes tout aussi secrètes l'une que l'autre, cherchant à comprendre toutes les influences qu'ils puisaient mutuellement dans leurs dialogues et compagnies.

Sortant de son sac une petite plaquette d'une revue spécialisée, la jeune femme se plongea dans la lecture de l'article tout en attendant ses plats. Il s'agissait d'un témoignage intéressant d'une thérapie du traumatisme ayant mal tourné, malheureusement pour le patient. Celui_ci avait développé un attachement un peu trop profond à son psychothérapeute, chose que le professionnel n'avait pu gérer. Alana, elle, avait peur des relations humaines... L'idée même d'attachement profond lui était étrangère dans tout ce qu'elle comprenait d'irrémédiable. La fidélité pour des choses comme l'amitié ou le respect, elle les pratiquait -ou du moins l'espérait- mais l'amour....
En ce qui concernait l'article, le patient était traité suite à un traumatisme comme cela arrive souvent. Une prise d'otage auquel il avait réchappé avec quelques autres... Le thérapeute avait alors commencé l'exercice dit de l'élastique, quelque chose d'on ne peut plus classique. Il s'agissait de porter un élastique à son poignet, en bracelet, et de l'y faire claquer dès qu'une situation devenait source de stress ou de peur afin de provoquer un retour à la réalité. Quelqu'un avait un jour comparé cela au claquement de doigt de l'hypnotiseur pour le mesmérisme, une hypothèse auquel Alana adhérait peu.
Bref, malheureusement pour le concours de circonstances, le thérapeute fut victime d'un accident de voiture auquel il ne survécu pas. Bien que redirigé vers un autre professionnel, le patient devint incapable de s'ouvrir, portant tout à la fois le deuil de quelqu'un ayant une place à part dans sa vie (médecin des choses trop intimes, Alana se souvenait avoir lu ce terme dans un livre une fois), et le poids de son propre traumatisme.
A force de claquer trop souvent à son poignet, l'élastique se rompit comme cela arrive souvent. Le nouveau thérapeute voulu lui en remettre un autre, que le patient refusa. Pour lui, seul quelque chose ayant été touché par le premier thérapeute, maintenant décédé, pourrait avoir effet. Il ne reprit jamais complètement pied avec la réalité, refusant les aides extérieures de plusieurs professionnels et malgré un traitement médicamenteux, se pendit dans le mois suivant.
L'article continuait ainsi sur plusieurs paragraphes, remettant en cause l'utilisation d'un objet extérieur dans une relation de thérapeute à patient, l'objet pouvant trop facilement devenir totémique et provoquer une perte de contrôle.

Enfant, Alana ne se rappelait pas avoir de doudou ou de peluche, cependant elle refusait parfois d'entrer dans un endroit sans un livre à la main. Le simple fait de n'avoir rien à lire pouvait également la faire pleurer et menacer la stabilité de son univers, mais depuis elle avait grandit -et surtout possédait moins de temps pour lire vraiment-. Lorsqu'un homme ou une femme se retrouvait aux prises avec un choc traumatique puissant le renvoyant à ses faiblesses et ses insécurités d'enfant, comment parvenir à de nouveau le faire grandir mentalement par la simple force du dialogue et de la parole ? Elle pensa à Will, elle pensa aux chiens puis, sentant que son cerveau prenait un chemin dangereux, cessa de penser pour grignoter un bout de pain.
Quelques rayons de soleil timides cognaient par les fenêtres, mais bientôt il faudrait retourner au travail, à la paperasserie. Alana soupira et, inconsciemment, rouvrit les premiers boutons de son chemisier pour cesser d'être ainsi compressée dans le tissu, maintenant que la trouille presque estudiantine de la présence de Bedelia était passée.


 « Vous semblez en forme, Docteur »
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Bedelia Du Maurier
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MessageSujet: Re: No, I'm not afraid....    Dim 2 Fév - 15:14


    Bien. Les banalités civiques et sociales, c’était fait. Alana Bloom n’était pas vraiment le genre de personne que j’affectionnais, ce n’était rien de le dire. Elle était, d’après ce qu’elle montrait pendant les meetings et autres réunions professionnelles, le genre de jeune psychiatre qui était trop investie dans la société pour en comprendre les vices et les travers les plus sombres. Elle a moins d’expérience, certes, et malgré le fait évident que je ne la portais pas dans mon cœur, j’espérais qu’elle n’allait pas s’occuper de patients trop…difficiles. Même si, apparemment, elle serait la psychanalyste de Will Graham…et plus si affinités, d’après les rumeurs. Elle ne se rendait pas compte du danger qu’elle courait en se rapprochant de l’un de ses patients. Mais après tout, c’était son problème : je ne suis tout de même pas sa mère ! Elle apprendra par elle-même. Rien ne vaut l’expérience personnelle.

    Pendant que ma collègue buvait paisiblement un verre d’eau, je commandai, pour ma part, une bouteille de rouge. Le sommelier me conseilla un rouge de 2000, venant de la région des Côtes du Rhône, fruité et parfait pour accompagner la viande qui composera mon plat. Il était délicieux, et c’était tout ce qui comptait pour moi. Il  laissa donc la bouteille sur la table et repartit faire son travail auprès des autres clients. Mon verre toujours à la main, je regardai autour de moi, songeuse. Je remarquai que ma collègue avait prévu un magasine afin de tuer le temps comme elle le pouvait. Pour ma part, je n’étais là que le temps que mon vêtement soit prêt, rien de plus.

    Quelques minutes plus tard, alors que mon plat tardait à arriver, je commençais à me lasser du perpétuel ballet des serveurs et du bourdonnement incessant des clients autour. Heureusement, un précédent consommateur avait laissé son journal près de ma zone d’accès, si l’on peut appeler cela comme cela. Je tendis le bras jusqu’à m’en saisir, et après avoir mis mes lunettes, peu à peu, m’informa des dernières nouvelles. Tiens, un nouveau tueur en ville. Mais cette fois, ce n’était pas le Chesapeake Ripper. Selon l’article, il s’agissait là de quelqu’un qui s’inspirait de certains livres pour présenter des cadavres différents, sans mode opératoire particulier. Oh, cela changeait de ces meurtriers ordinaires. Il s’agissait d’un tueur en série à tendance psychopathe, mes petits préférés. Ils étaient tous particuliers, jamais à agir de la même façon et pourtant, toujours selon une logique bien à eux. C’est donc absorbée par ma curiosité que je lis l’article qui lui était consacré. Bien sûr, déformation professionnelle oblige, je ne pouvais m’empêcher de le psychanalyser – par procuration malheureusement, j’aurais aimé l’avoir comme patient. Juste pour savoir comment il pensait, comment il voyait le monde, pourquoi il faisait cela, la finalité de ces meurtres.

    Mon œil étincelant trahissant ma fascination, j’en oubliais à la fois le temps, mais aussi les conversations autour jusqu’à la présence de ma consœur, même si je préfère l’appeler ‘collègue’ étant donné notre différence à la fois d’âge mais aussi de méthode et surtout de façon de penser. Mon plat arriva assez rapidement – enfin je crois, puisque je n’avais pas fait attention au temps depuis que j’avais été absorbée par l’article. Les odeurs qui se dégageaient de la viande rôtie étaient délicieuses. Evidemment, pas autant que le cuisine du Dr Lecter, mais je ne doutais pas de la cuisson saignante, comme je l’aimais. Je ne pris pas le temps de finir le papier que je tenais en main, et, autant par gourmandise que par faim, je pliai le journal, posai mes lunettes de vue par-dessus – puisque j’avais bien l’intention d’en savoir plus – et me saisis de mon verre. Je repris une gorgée de ce vin exquis avant de commencer par couper ma viande. Je répondis à la jeune psychiatre à mon tour, sur le même ton qu’elle avait utilisé :

    « Je pourrais en dire autant à votre sujet, Docteur. »
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MessageSujet: Re: No, I'm not afraid....    Mer 5 Fév - 14:10

A la politesse de Bedelia, la jeune femme eut un sourire : pourquoi irait-elle mal ? Alana pouvait se considérer chanceuse, aucun patient n'avait essayé de la tuer, son travail avec le FBI ne la mettait pour le moment dans aucune situation compromettante, elle était jeune et à défaut de vie, avait toute une carrière devant elle. Non, Alana Bloom s'en sortait plutôt bien et le savait. Ses seuls ennemis étaient pour la plupart de vieux barbons misogynes, préférant la voir dans un rôle de secrétaire de psychiatre plutôt que de psychiatre tout court, mais aucun ne mordait jusqu'au sang. Alana se donnait les moyens de combattre ses détracteurs elle-même et balayait tous les nuages noirs d'un simple mouvement d'épaule.

Elle savait bien sûr qu'on la considérait comme libertine, vulgaire ou trop sûre d'elle. Parfois, Alana tentait d'imaginer quel homme elle aurait été : petit à lunette, simple, ennuyant, en complète contradiction avec le caractère qu'elle possédait aujourd'hui ? Les hommes n'aimaient pas qu'on les pousse hors de leur zone de confort après tout, il en allait de même également pour certaines femmes. Des femmes dont Alana ne faisait pas partie. Si un homme avait été comme elle, exubérant, séduisant peut-être.... personne n'aurait songé à le qualifier de vulgaire, de tape à l'oeil. Non les mots utilisés seraient plutôt «élégant », « charismatique »... Mais Alana n'était pas un homme. Alana Bloom, pas Alan Bloom.

 « Je suis soumise à moins de stress et de pression que vous-même, ce n'est donc pas un exploit pour moi d'être en forme. »

Des batailles elle en menait, mais toujours protégée. Parce qu'il y avait Jack Crawford, Hannibal Lecter, Will aussi. Elle n'était pas seule, ne se sentait pas seule et de ce fait vivait bien mieux les règles et limites qu'elle s'imposait. La jeune femme pouvait avoir l'air épuisé parfois, mais c'était là le lot de chaque être humain aucune raison de se lamenter devant son miroir.

Un serveur apporta bien vote devant elle, la salade qu'elle avait commandé. Alana avait parfois du mal à goûter pleinement la viande de certains restaurants et quoi de plus normal après avoir été confronté à la maestra culinaire d'Hannibal ?
Bien entendu la jeune femme avait également des péchés mignons en terme de nourriture, comme les hamburgers par exemple, mais elle les taisait et les satisfaisait dans son coin, heureuse de simplement profiter de ce que la vie offrait.

A l'extéieur de toute évidence, le vent venait de se lever. Alana eut un rapide coup d'oeil par delà la vitre lorsque sur le trottoir, un homme couru après son chapeau, mais s'en désintéressa bien vite. Manger un morceau et retourner à sa paperasserie, tel était le programme. Pas la journée la plus trépidante qui soit, la jeune femme en convenait, mais on ne pouvait pas toujours avoir ce que l'on souhaitait. Plus vite ce genre de choses serait terminé, plus vite elle pourrait retourner à l'université et à ses propres patients, qu'ils soient sous la garde du FBI ou non.

Délaissant sel et poivre, un autre goût qu'elle avait perdu depuis sa découverte d'une autre gastronomie, Alana entama sa salade. Peu lui importait que le docteur Du Maurier ait une piètre estime d'elle, jamais elle ne pourrait battre Alana sur ce propre terrain. Très peu savaient en effet que niveau estime de soi, le docteur Bloom ne possédait presque rien malgré tout, pas même pour sa propre personne humaine. Cela ne l'empêchait pas d'avancer, elle s'était choisie un rôle, elle le tenait, mais la technique était bonne pour rendre le mépris des autres complètement inefficace. Elle ne se jugeait pas via leur regard, elle ne se jugeait que par le sien, quitte à s'interdire nombre de choses. Jeune dans le métier mais pas incompétente, Alana savait se garder des pièges posés par la profession, via les patients comme via d'autres collègues.

On lui apporta bien vite une seconde carafe d'eau. Elle buvait beaucoup, oubliant de le faire au bureau et se retrouvant parfois légèrement déshydratée sans même s'en rendre compte. Quelque chose qu'elle tenait de ses années étudiantes encore une fois, au fond Alana Bloom possédait très peu d'instinct de survie. Elle remarqua alors le journal posé un peu plus loin par Bedelia. Elle le connaissait, ayant vu les gros titres ce matin déjà en passant dans la rue via des affichettes... cela lui fit froncer les sourcils dans une moue songeuse. La source étant de seconde main, elle ne l'avait pas lu. Habituée de livres, de leurs réconforts et trahisons depuis sa plus tendre enfance, Alana savait le pouvoir des mots. Et puis, quiconque ayant déjà été confronté au Tattler, comprend très bien que le journalisme ne pourra jamais être une chose anodine et inoffensive, peu importe pour qui.

 « Le public se reprend de passion pour les tueurs et les meurtres en série.... »

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MessageSujet: Re: No, I'm not afraid....    Dim 2 Mar - 0:32


    « Je suis soumise à moins de stress et de pression que vous-même, ce n'est donc pas un exploit pour moi d'être en forme. »

    Je me doutais que ma collègue faisait preuve d’ironie en me faisant passer pour une femme stressée et occupée à l’extrême, étant donné ma position de psychiatre à la retraite. Mais de toute façon, je n’aime pas ce terme. Il me fait vieillir de plusieurs d’années. Et puis, je ne suis pas totalement retirée de la profession, mais il n’y a que mon unique patient et estimé confrère qui est au courant ; Sans compter l’agent Crawford. Néanmoins, personne d’autre n’a besoin de savoir. Alors d’un sourire de façade purement poli, je répliquai :

    « Ne soyez donc pas si modeste ; Je suis certaine que votre quotidien est plus trépidant que le mien. »

    Et elle n’a pas de mal. En effet, mes journées sont assez…libres, disons cela comme ça. Le fait que je sois retirée de la profession m’octroie énormément de temps libre, beaucoup trop pour une femme telle que moi. Alors je m’occupe comme je le peux, autrement dit grâce à la lecture, qui consomme 75% de mon temps, et à la musique. Heureusement que mon fidèle instrument est là. Donc même si la jeune femme ne fait que remplir des papiers à longueur de journée, cela fait passer le temps plus vite.

    Ah si, maintenant que j’y pense, un hobby qui me fascine toujours autant malgré le nombre des années : les homicides, ou plutôt ceux qui les commettent. Grâce au blog de Ms Lounds, je connais les crimes de la Pie Grièche du Minnesota sur le bout des doigts et ce cas-là me passionne plus que les autres. Ces cadavres mis en scène d’une manière si artistique… C’était la première fois qu’un tueur en série avait un tel raffinement. N’y voyez pas une admiration quelconque qui serait on ne peut plus déplacée, mais j’aurais aimé l’avoir en tant que patient. Reprenant une bouchée de la viande que j’avais commandée, je repensais à cette affaire que je venais d’apprendre dans la gazette de Baltimore. A peine avais-je avalé le morceau de viande que je gardais à l’intérieur de ma bouche que le Dr Bloom avait repris la parole en lançant :

    « Le public se reprend de passion pour les tueurs et les meurtres en série.... »

    Elle faisait probablement référence à l’article elle aussi. L’avait-elle lu, simplement entendu parler ou, puisqu’elle travaille avec le FBI, avait-elle contribué à l’enquête ? Autant de questions qui se bousculaient dans mon esprit. Je ne pus résister à en poser une seule à la jeune psychiatre, synthétisant ma pensée au possible :

    « Cela a toujours été le cas… Travaillez-vous sur cette affaire ? »

    Les gens ont une fascination, malsaine parfois, à propos des tueurs en série. Nombreux sont ceux qui veulent savoir ce qui se passe dans leur esprit afin de les faire passer à l’acte, avec plus ou moins de succès. Généralement, les bienséants les traitent de glauques et leur claquent la porte au nez. Mais chaque être humain est glauque. Chaque être humain a un recoin sombre, une part d’inhumanité, et ce depuis toujours. Le peuple de l’empire Romain n’était pas scandalisé devant un combat de gladiateurs. Non, il en redemandait même. L’Homme est un loup pour l’Homme ; Rien ne peut être plus vrai et actuel. Et encore, le loup ne prend pas de plaisir à tuer ; Pour lui, tout est question de survie. J’entends parfois mes collègues parler de moi comme d’une misanthrope, ermite, isolée dans ma maison vide. Vis-à-vis de ma misanthropie, je l’assume entièrement : je sais combien l’esprit humain est perfide et complexe. Oh oui, je suis bien placée pour le savoir. Nous ne pouvons pas savoir si notre voisin rêve secrètement de nous tuer, ni même si le facteur n’est pas un ancien détenu. Ou bien même si le patient dont vous vous occupez ne va pas vous sauter à la gorge…

    Assez divagué. Je me saisis de mon verre rempli d’un rouge exquis et but du précieux liquide légèrement fruité, et parfait pour agrémenter à la fois ma viande bien saignante et la conversation qui promettait d’être aussi saignante…
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MessageSujet: Re: No, I'm not afraid....    

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No, I'm not afraid....

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